Livre audio : Ainsi fut notre prophète...

Description résumée

Ce sermon fut prononcé par l’imam et enseignant à la mosquée du prophète à Médine Abdelmouhsine Al-Qassim qu’Allah le préserve : La connaissance de notre prophète Mohammed, que la prière et le salut d’Allah soient sur lui, fait partie des trois bases que l’homme doit apprendre. Chaque homme sera questionné à son sujet lorsqu’il sera dans sa tombe.

Détails

P

 

Ainsi fut notre prophète r

 

sermon : les qualités du prophète r donné par

Cheikh Abdel Mouhsine  al-Quassim à la mosquée du Prophète r

 

         Louange à Allah, nous le louons et nous implorons son secours et nous demandons son pardon, nous demandons à Allah de nous protéger du mal de nos âmes et de nos mauvaises actions. Celui qu’Allah guide, personne alors ne l’égarera, et celui qu’il égare, personne ne pourra le guider.

         Je témoigne qu’il n’y a pas de divinité (méritant l’adoration) si ce n’est Allah, lui seul, sans associé, et je témoigne que notre prophète Mohammed est son serviteur et son envoyé, qu’Allah prie sur lui, sur sa famille et ses compagnons, et le salue d’un grand salut.

         Ensuite, craignez Allah, serviteurs d’Allah, celui qui craint Allah est sauvé et celui qui s’en détourne sera jeté (au feu).

         Ô vous les musulmans, (sachez) qu’Allah a choisi le meilleur de ses contrées et de ses pays, et il choisi la plus noble des âmes. Il a élu d’entre les hommes, des prophètes dont les paroles, les actes et les mœurs sont la balance avec lesquels toutes les autres paroles, actes et mœurs sont mesurés. La connaissance de notre prophète Mohammed, que la prière et le salut d’Allah soient sur lui, fait partie des trois bases que l’homme doit apprendre. Chaque homme sera questionné à son sujet lorsqu’il sera dans sa tombe.

         Ibn Al Quayim a dit : « la nécessité des hommes de la connaissance du prophète et de ce avec quoi il est venu, de croire fermement en ce qu’il nous a informé et lui obéir dans ce qu’il nous a ordonné, est au-dessus de toutes autres nécessités »[1].

        Le maître des enfants d’Adam et leur honneur (fierté) dans cette vie d’ici-bas et dans l'au-delà est Mohammed Ibn Abdallah Ibn Abdel Al-Mouttalib. Allah l’a choisi de la tribu des Bani-Hâchim, et il a choisi Bani Hâchim de la tribu de Quouraich dont la descendance remonte au prophète d’Allah : Ibrahim, que la paix soit sur lui. Le messager d’Allah, que la prière et le salut d’Allah soient sur lui, est l’élite parmi les créatures et dont le lignage est meilleur que l’ensemble des gens de la terre. Le prophète, que la prière et le salut d’Allah soient sur lui, a dit : "Il (Allah) m’a placé dans la meilleure famille dont le lignage est le plus parfait "[2].

         Il a grandi en étant orphelin de père et de mère et sans qu’il ne reçoive leur affection. Allah dit :

) أَلَمْ يَجِدْكَ يَتِيماً فَآوَى (

« Ne t'a-t-Il pas trouvé orphelin ? Alors, Il t'a accueilli !»

(Le jour montant – 6)

         Il a été bercé de bras en bras sous la garde et la protection d’Allah. L’adoration des idoles et la soumission devant les statues lui furent détestées. Allah l’a protégé durant son enfance et l’a préservé durant son adolescence. Il n’a donc jamais touché une statue ou effleuré une idole. Il s’est marié, avant sa mission, avec une noble femme, illustre et intelligente : Khadidja, la plus noble et la plus clairvoyante des femmes, qu’Allah l’agrée.  

         Allah l’a envoyé alors que la terre était submergée par l’adoration vouée aux idoles, les prédictions des devins, l’effusion de sang et la coupure des liens filiaux. Il appela alors à l’adoration d’Allah l’unique, endurant les épreuves de différentes natures comme le fait de l’avoir traité de menteur, de l’avoir repoussé et de s’être comporté envers lui avec froideur.

         Allah a élevé sa renommée et son rang. Ses miracles rayonnent et les preuves (de sa prophétie) sont de toutes évidences. Il est assisté par la peur (jetée dans le cœur de ses ennemis) et ses péchés lui sont pardonnés. Il est le premier à sortir de sa tombe et à intercéder auprès d’Allah le jour du jugement. Il est le celui qui a le plus d’adeptes d’entre les prophètes et le premier à frapper la porte du paradis et le premier à franchir la passerelle (qui surplombe le feu de l’enfer et qui mène au paradis).

         Il était un adorateur (d’Allah) reconnaissant, il veillait la nuit en priant jusqu’à ce que ses pieds se fissurent, la prière était la joie de ses yeux. Il se consacrait à Allah avec une sincérité pure et avec une crainte révérencielle. Abdallah Ibn A-chikhir, qu’Allah l’agrée, vint auprès du prophète, que la prière et le salut d’Allah soient sur lui,  alors qu’il priait. Un gémissement causé par les pleurs émanait de son intérieur comme le bruit produit par une marmite en état de bouillonnement[3]. Il dit à propos de lui-même : « Par Allah, je suis celui dont la crainte d’Allah est la plus élevée »[4].

         Il magnifiait son seigneur, son comportement envers lui était des plus raffinés, il ne prétendait pas pour lui-même ce que seul Allah possède, Allah, pureté à lui, dit :

)قُلْ لا أَمْلِكُ لِنَفْسِي نَفْعاً وَلا ضَرّاً إِلاَّ مَا شَاءَ اللَّهُ وَلَوْ كُنتُ أَعْلَمُ الْغَيْبَ لاسْتَكْثَرْتُ مِنْ الْخَيْرِ وَمَا مَسَّنِي السُّوءُ إِنْ أَنَا إِلاَّ نَذِيرٌ وَبَشِيرٌ لِقَوْمٍ يُؤْمِنُونَ (

« Dis : ‹Je ne détiens pour moi-même ni profit ni dommage, sauf ce qu'Allah veut. Et si je connaissais l'Inconnaissable, j'aurais eu des biens en abondance, et aucun mal ne m'aurait touché. Je ne suis, pour les gens qui croient, qu'un avertisseur et un annonciateur›.»

(Les limbes – 188)

         Un homme est venu auprès du prophète r et lui dit : « Si Allah veut et si tu veux », Il répliqua alors : « M’as-tu placé comme équivalent à Allah ! Dis plutôt : « Ce qu’Allah seul a voulu »[5]. Allah dit :

  )قُلْ إِنِّي لا أَمْلِكُ لَكُمْ ضَرّاً وَلا رَشَداً(

« Dis : ‹Je ne possède aucun moyen pour vous faire du mal, ni pour vous mettre sur le chemin droit›»

(Les djinns – 21)

 

         Ibn kathir, qu’Allah lui fasse miséricorde, dit à propos de ce verset : « C’est à dire : Je suis un être humain comme vous sur qui la révélation descend et un serviteur parmi les serviteurs d’Allah, rien ne m`appartient pour ce qui est de votre guidée ou votre égarement, cela revient en exclusivité à Allah exalté soit-il ».[6]

         Il est le plus modeste des hommes et le meilleur d’entre eux, il s’assoit avec les pauvres, il nourrit les indigents, il recoud lui-même ses souliers, il se met au service de sa famille et s’occupe de lui-même. Il but d’une outre usée et porta avec ses compagnons les briques pour la construction de la mosquée. Il n’a jamais fait de remarque à son servant et ne l’a point injurié, Anas y a dit : « J’ai été au service de l’envoyé d’Allah durant neuf années, il ne m’a jamais fait une seule remarque »[7].

         Il respecte les personnes âgées et fait preuve de modestie et de simplicité envers les petits ; s’il passe devant un groupe d’enfants, il les salue[8]. Il vit Abou ‘Oumair qui était alors enfant, et lui dit tout en le distrayant : « Ô Abou ‘Oumair qu’a donc fait A-noughair ?»[9] (Serin – petit passereau, à bec cour et épais, au plumage généralement jaune -). Anas, qu’Allah l’agrée, dit : « Je n’ai jamais vu quelqu’un plus clément envers les enfants que l’envoyé d’Allah »[10]

         Il était d’une très grande modestie, loin de tout orgueil, de toute arrogance et de toute prééminence. Il dit en effet : « Je ne suis qu’un serviteur, dites alors : « Serviteur d’Allah et son envoyé »[11]. Son âme était généreuse, sa main, généreuse, ses dons étaient en abondance. Il donnait sans compter avec bonté et en portant une confiance totale envers son seigneur. Pas une chose de cette vie d’ici-bas ne lui fut demandée et qu’il possédait sans qu’il l’eût refusé. Anas, qu’Allah l’agrée, dit : « On n’a pas demandé une chose pour l’islam à l’envoyé d’Allah, que la prière et le salut d`Allah soient sur lui, sans qu’il l’ait donné »[12].

         Il ne fut pris de colère pour ce qui est des intérêts de cette vie d’ici bas, il s’en est détourné, (ne lui donnant de valeur) et œuvra en vue de la demeure éternelle. Il, que la prière et le salut d’Allah soient sur lui, disait : « qu'est-ce que cette vie d’ici bas à mes yeux (que vaut-elle auprès de moi)? Cette vie et moi sommes comme un passager qui se repose à l’ombre d’un arbre puis s’en va, le laissant ainsi »[13].

         Plus d’un croissant de lune passait son cycle, mois après mois, sans que l’on allumât chez lui de feu (afin de cuisiner). Il r passait des nuits consécutives affamé et sa famille ne trouvait de quoi souper, Omar Ibn Al-Khattab t disait : « J’ai certes vu le prophète, que la prière et le salut d’Allah soient sur lui, se tordre de faim, il ne trouvait même pas de datte de basse qualité qui puisse atténuée sa faim »[14].

         Il sortit de sa maison à cause de la faim, il serrait autour de son ventre une pierre pour alléger sa souffrance. Les compagnons, qu’Allah les agrée, reconnaissaient la faim qui le peinait à travers le changement de sa voix, Abou Talha t dit : « J’ai entendu le prophète, que la prière et le salut d`Allah soient sur lui, (il me parut) faible, je remarquais qu’il avait  faim[15]». Les jours passaient et on ne trouvait absolument rien dans la maison du prophète r si ce n’est de l’eau. Un homme vint au prophète, que la prière et le salut d’Allah soient sur lui et lui dit : « Je suis éreinté », il envoya une personne vers certaines de ses femmes. Une d’elle dit : « Par celui qui t’a envoyé avec la vérité, je ne possède que de l’eau, ensuite il envoya voir chez une autre qui lui dit la même chose, jusqu’à ce que toutes ses femmes dirent pareil[16]. Sa peur, en son seigneur, était complète malgré ce qu’il endura à cause de la faim. En effet, il trouvait parfois sur son lit quelques dattes et il disait : « Si je ne craignais pas que cela provienne d’une aumône, je l’aurais consommé »[17]

         Il a rencontré les épreuves les plus dures de la vie et les événements les plus sombres. Il a grandi orphelin dépourvu affection maternelle et son père est mort avant même que ses yeux se réjouissent en le contemplant. Son peuple l’a persécuté par la parole et l’acte, Anas, qu’Allah l’agrée, a dit : « Une fois, ils frappèrent le prophète, que la prière et le salut d`Allah soient sur lui, jusqu’à ce qu’il perdit connaissance »[18]. Ils l’ont accusé d’être fou, l’ont imputé d’être un sorcier et l’ont décrit comme étant un menteur. Les mécréants dirent : « C’est un sorcier menteur ». Et dans la grotte, il fut submergé par la détresse, l’angoisse, la peur et la tristesse.

) إِذْ يَقُولُ لِصَاحِبِهِ لا تَحْزَنْ إِنَّ اللَّهَ مَعَنَا(

"Quand ils étaient dans la grotte et qu'il disait à son compagnon : ‹Ne t'afflige pas, car Allah est avec nous.›" (Le repentir – 40)

         Et lors de la bataille d’Ouhoud, une de ses incisives fut cassée, son visage fut éraflé, son sang fut versé, sa faim atteignit un haut degré et de ses ennemis, il se heurta à la dureté. Ils placèrent un poison dans son repas et l’ensorcelèrent au sein même de son foyer. Les dures épreuves se succédèrent autour de lui et les malheurs advinrent les uns après les autres et son Seigneur U lui dit :

)  فَاصْبِرْ كَمَا صَبَرَ أُوْلُوا الْعَزْمِ مِنْ الرُّسُلِ(

« Endure (Muhammad) donc, comme ont enduré les messagers qui possèdent une détermination à toute épreuve » (Al-ahqaf – 35)

         Il communiqua ses afflictions et ses tristesses à sa femme en lui disant : « Ô ‘Aicha, j’ai enduré de ton peuple tant d’épreuves ».

         Six de ses enfants sont morts durant sa vie, mais cela ne l’a point détourné de son prêche en Allah. Il patienta devant les jours sombres de la vie et ses tourments, il dit : " J’ai été persécuté pour (la cause) d’Allah comme personne ne l’a été, et j’ai été éprouvé par la peur (pour la cause) d`Allah comme personne ne le fut"[19].

          Son cœur était doux et débordant de clémence. En effet, au moment où il entendait les pleurs d’un enfant, il hâtait sa prière, car il savait que cela tourmentait sa mère[20]. Il visitait le cimetière "Al-baqi`" qui lui rappelait l’au-delà et il y pleurait. Il visitait son fils Ibrahim qui vivait auprès de sa nourrice alors qu’il n’était qu’un nourrisson. Ibrahim, couvert de poussière, s’approchait du prophète qui le serrait contre lui, l’embrassait en sentant son odeur, extériorisant ainsi son amour paternel. Lorsque Ibrahim mourut, il pleura à chaudes larmes et dit : « Les larmes coulent des yeux, le cœur s’attriste, mais nous ne disons que ce qui satisfait notre seigneur, nous sommes tristes de devoir te quitter, ô Ibrahim »[21].

        Sa raison était parfaite et son comportement éminent ; sa main n’a jamais frappé personne, Aicha, qu’Allah l’agrée, a dit : « L’envoyé d’Allah n’a jamais frappé personne, que ce soit une femme ou un servant »[22].

         Il était le plus chaste et le plus noble des hommes, sa main n`a jamais effleuré une femme qui ne lui est pas permise. Sa fidélité fut exemplaire envers les gens de sa famille et ses compagnons, qu’Allah les agrée. Il égorgeait un mouton puis le découpait en morceau et l’envoyait aux amies de khadija après sa mort, qu’Allah l’agrée, par fidélité envers elle[23]. Il pria sur les morts de la bataille d’Ouhoud huit ans après, comme pour leur rendre un dernier adieu[24]. Il honorait ses compagnons et ne privilégiait pas sa propre personne sur eux. ‘Othmane a dit : « L’envoyé d’Allah faisait part égale entre nous dans ce qui est peu et beaucoup »[25]. Son caractère touchait les gens, il était doux et jamais il ne rendait un mal par un autre, bien au contraire, il pardonnait et faisait grâce. Il ne se mettait point en colère pour sa propre personne et ne cherchait pas à la faire triompher. Un Bédouin l’empoigna en lui demandant de l’argent et le prophète, que la prière et le salut d’Allah soient sur lui, s’adressa à lui en souriant et lui octroya ce qu’il demandait. Il pardonna à celui qui l’ensorcela, ni ne réprimanda celui qui mit du poison dans sa nourriture. Il fit grâce à ceux qui le combattirent, il leur annonça le jour de l’ouverture de La Mecque : « partez, vous êtes libre »[26]. Aicha, qu’Allah l’agrée, a dit : « Jamais il ne s’est vengé d’une personne qui lui fit du mal »[27].

         Accommodant et abordable, le visage toujours épanoui, Jarir Ibn Abdallah dit : « A chaque fois que le Prophète r me rencontrait, il me souriait. »[28]. Il demandait toujours après ses compagnons et sa politesse fascinait les gens de mérite. Sa compagnie était très appréciée et ses relations avec autrui étaient très bonnes. Il visitait sa famille et ne refoulait jamais qui que ce soit. Son langage était courtois, il n’a jamais été impoli et vulgaire, mais il était plutôt plus pudique qu’une vierge dans son gynécée. Ses sentiments s’exprimaient naturellement et il n’aimait pas l’exagération dans la démonstration des sentiments et détestait le parler avec emphase. Des gens vinrent auprès de lui et lui dirent :

 

« Ô envoyé d’Allah, ô le meilleur d’entre nous et le fils du meilleur d’entre nous, ô notre maître et le fils de notre maître. » il dit : « Ô vous les gens, dites ce que vous avez à dire et que le diable ne vous induise pas en erreur ; je ne suis que Mohammed, le serviteur d’Allah et son envoyé. Je n’aime pas que vous m’éleviez au-dessus de mon rang qu’Allah (qu’il soit exalté) m’a octroyé. »[29].

         Il proposait à son invité ce qu’il possédait de nourriture sans exagération. Les compagnons l’aimaient profondément : s’il parlait, ils l’écoutaient et s’il donnait un ordre, ils s’empressaient de l’exécuter. Anass y a dit : « Ils n’ont aimé personne autant que le prophète, que la prière et le salut d’Allah soient sur lui. »[30]. Les plus belles qualités et les plus nobles vertus furent réunies en lui.

         Le cheikh de l’islam (Ibnou Taimiyya) a dit : « Pas un mensonge ne lui fut attribué, que la prière et le salut d’Allah soient sur lui, pas même une injustice envers quelqu’un ou une trahison. Il était le plus sincère des hommes, le plus juste, et celui qui respectait le plus ses engagements, malgré avoir vécu des changements de situation marquée parfois par la sécurité et parfois par l’insécurité, mais aussi pendant les périodes de puissance et de faiblesse »[31].

         Il tenait en grande estime les gens de sa famille (ahlou al-bayt) et entretenait, avec eux, de parfaites relations. Lorsque sa fille, Fatima, qu’Allah l’agrée, se présentait à lui, il se levait en sa direction et lui disait : « Bienvenue », puis il la faisait asseoir auprès de lui.[32] Il disait :

« Les meilleurs d’entre vous sont les meilleurs avec leur famille, et moi je suis le meilleur avec ma famille »

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