Description résumée

Ce livre de petit format, mais de grand intérêt, est une compilation d’articles du Docteur Abdallâh Ibnou Moubârak Al-Khâtir (qu’Allah Lui accorde Sa miséricorde et Son vaste paradis) qui sont parus dans la revue islamique « Al-Bayân », publiée par « Al Muntada al Islamy » en Grande-Bretagne. Ce livre est donc une compilation d’articles ayant pour thème « ce que j’ai vu en Grande-Bretagne ». Ces articles sont des exemples qui traduisent une réalité de la société occidentale.

Détails

Tirez-en une leçon, ô vous qui êtes doués de clairvoyance !
Ce que j’ai vu en Grande-Bretagne.
 
 
Auteur
 
Dr. Abdallâh Al-Khâtir
(Qu’Allah Lui accorde sa miséricorde)
Livre original publié par
 « Al Muntada Al Islamy ».
 
Traducteur
Abu Hamza Al-Germâny
 
Révision
Abû Ahmed
 
 
Au nom de Dieu,
L’infiniment Miséricordieux, le très Miséricordieux
 
Préface
 
            La louange est à celui qui a privilégié l’homme par la raison et l'a élevé par sa noble âme ; que la prière et le salut d’Allah soient sur Son Prophète et Sa meilleure créature, Muhammad fils d’Abdallâh, sur sa famille et ses compagnons…
 
            L’expérience humaine est une des sources du savoir et de la connaissance humaine, à condition qu'elle soit inscrite sous des critères authentiques, de telle sorte que les prémisses soient bien précisées et les conclusions valides.
 
            L’expérience humaine ne repose pas sur les situations individuelles, ni sur les rumeurs et les on-dit, furent-ils nombreux. Elle se fonde plutôt sur des phénomènes successifs, même si, quelquefois, cette continuité peut être interrompue. C’est pour cela que le noble Coran nous a incités à réfléchir et tirer des leçons de ce qu'ont vécu les communautés et les peuples passés. Le noble Coran nous a aussi ordonné, dans de nombreux passages, de méditer sur leurs situations, leurs modes de vie et leurs destinées. Parmi ces passages, celui de la sourate Al-Hajj, lorsque Allah dit :
 
 « Que de cités, donc, avons-Nous fait périr, parce qu’elles commettaient des tyrannies. Elles sont réduites à des toits écroulés : Que de puits désertés ! Que de palais édifiés (et désertés aussi) ! Pourquoi ne voyagent-ils pas sur la terre afin d’avoir des cœurs pour comprendre et des oreilles pour entendre ? Car ce ne sont pas les yeux qui s’aveuglent, mais ce sont plutôt les cœurs dans les poitrines. » (Versets 45 et 46)
 
 
            Lorsque nous parlons d’aspects particuliers de la vie d’autres peuples, nous ne devons pas négliger les bons aspects. Mais le critère de jugement doit être le caractère prioritaire et l'importance de ces aspects dans la vie humaine. Ainsi, tout ce qui concerne l’esprit et sa noblesse, la raison et sa maturité, coïncide le mieux à la vie humaine. Par contre, tous les aspects concernant les plaisirs et les biens de la vie mondaine, ne sont que secondaires.
 
            Parler de l’Occident et de son mode de vie prendrait du temps. Les cris des Occidentaux s'élèvent, en des lieux et des périodes divers, mettant en garde contre le danger, et menaçant d’un effondrement cette civilisation matérialiste. Cette civilisation qui a perdu toute aptitude à composer avec l’esprit, la noblesse humaine et sa raison, qui lui permet d'être conscient de ces objectifs, de sa mission et de son rôle dans cette vie ; et non pas uniquement la raison novatrice dans la compréhension des phénomènes physiques, de la mécanique, de la physique, de la chimie, de l’électronique et des découvertes…
 
            Au même instant, nous savons très bien que ces expériences et ses études, ainsi que notre effort pour les comprendre et en profiter, ne sont que pour réveiller cette communauté qui a abandonné sa mission, et qui vit, aujourd’hui, éloignée de sa religion, en ne la faisant pas triompher et en ne l’appliquant pas dans son comportement quotidien. C’est pour cela que nous devons évaluer les expériences occidentales avec le Coran, la Sunna et le mode de vie des meilleurs premiers siècles, et non avec la réalité de notre communauté musulmane d’aujourd’hui. Ceci, parce que cette communauté est loin d’être un modèle islamique, où il n’y aurait ni contradiction, ni déviation. Il n’est pas improbable de trouver dans la communauté d’aujourd’hui, des situations similaires à celles de l’Occident. La raison en est que cette communauté ne représente pas du tout l’islam authentique, autant dans la parole et l’action, que dans les préceptes et les relations. Cette communauté connaît d'autant plus le désordre et la déviation, que son éloignement du Coran et de la Sunna est grand.
 
            Pour toutes ces raisons, nous préfaçons le livre du Dr. Abdallâh Al-Khâtir (qu’Allah Lui accorde Sa miséricorde), qui est à l’origine un ensemble d’articles parus séparément dans la revue « Al-Bayân » ayant pour thème « ce que j’ai vu en Grande-Bretagne ». Ces articles sont, comme je l'ai déjà dit, des exemples constituant des preuves et des indicateurs, traduisant une réalité qu'il faut garder dans son contexte. Nous devrions tous – notamment ceux d'entre nous qui sont émerveillés par l’Occident, parmi les « occidentalisés » et les laïcs – prendre conscience de notre situation et la réalité de notre communauté, afin de l’extraire de la situation dans laquelle elle se trouve, une situation d’errance, de désorientation, et de perte de son identité. Cette situation l'a rendue accablée et rabaissée face ses ennemis, se rappelant la parole d’Allah :
 
« Et si vous vous détournez, Il vous remplacera par un peuple autre que vous, et ils ne seront pas comme vous. » (Muhammad, v. 38)
 
            Je demande à Allah qu’il rende ce livre utile, qu’Il accorde la récompense à son auteur et qu’Il rende notre intention sincère ; Il est, sans le moindre doute, celui qui entend tout et celui qui exauce les vœux.
 
Écrit par
Le Dr. Abdar-Razzâq Mahmûd Yâssîn Al-Hamd
Le 21/11/1412 (1992)
 
 
 
Avant-propos
 
 
 
            La louange est à Allah seul ; que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur celui qui n’est relayé par aucun prophète après lui.
 
            Ce livre de petit format, mais de grand intérêt, est une compilation d’articles du Docteur Abdallâh Ibnou Moubârak Al-Khâtir (qu’Allah Lui accorde Sa miséricorde et Son vaste paradis) qui sont parus dans la revue islamique « Al-Bayân », publiée par « Al Muntada al Islamy » en Grande-Bretagne.
 
            Nous demandons à notre Seigneur (qu’Il soit exalté) de rendre ce livre utile au lecteur, qu’Il récompense son auteur et qu’Il englobe de Ses bienfaits tous ceux qui le propageront. Et que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur notre Prophète Muhammad, sa famille, et ses compagnons.
 
 
 
L’éditeur.
 
 
Introduction
 
 
            La louange est à Allah seulement ; que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur Ses serviteurs qu’Il a élus.
 
            J’ai vécu à Londres durant trois années environ, pendant lesquelles je suivais des études en psychothérapie. J’y tenais des activités de prêche islamique dans l'une des mosquées de la ville : la mosquée de Peckham. Cette mosquée réunissait un bon groupe de jeunes de différentes nationalités arabes. J’ai été témoin, dans la capitale britannique, de beaucoup de situations qui méritent qu’on écrive à leur sujet.
 
            Je vais présenter ce que j’ai vu sous forme de chapitres, recherchant ainsi la simplicité et des leçons à en tirer.
 
Allah est le garant de la réussite.
 
 
Diplômé de Cambridge
 
            Au commencement, j’ai été obligé d’apprendre la langue anglaise, bien que j'aie étudié la médecine dans cette langue. Mais cela était indispensable pour mener à bien mon examen ; les Anglais attendent de tout un chacun qu'il écrive et lise comme un citoyen anglais. Ainsi, comme je travaillais à l’hôpital la matinée, je n'ai eu d'autre choix que de demander à un professeur de m’apprendre comment écrire correctement mes articles. Il est habituel chez les Anglais, pour celui qui souhaite demander quelque chose, d’accrocher tout simplement une petite annonce sur la devanture d’un magasin, ou sur le panneau d'annonces d’une des facultés, la réponse parvenant alors rapidement par un coup de téléphone.
 
            Un professeur anglais, diplômé en littérature anglaise à l’Université de Cambridge, me répondit. Il m’enseigna la langue anglaise deux fois par semaine. Après être venu chez moi cinq fois, il me demanda timidement : « Mes amies me demandent comment est-il possible de venir chez une connaissance cinq fois, sans qu’il lui présente sa femme pour faire connaissance. » Sa question fut un point de départ pour discuter d’un autre sujet que les études. En effet, j’attendais une telle occasion, parce que je savais que les Anglais n’appréciaient guère l’empressement dans des discussions, au sujet desquelles ils n'avaient pas posé de questions. Il faut plutôt attendre l’occasion et répondre aux questions qu’ils posent.
 
            Je lui ai répondu succinctement : « Notre religion nous ordonne de préserver la femme et de la protéger des regards indiscrets ; il ne lui est pas permis de s’asseoir, ni de se mélanger avec les hommes hormis ses parents proches. » Ensuite, je l’ai interrogé au sujet de la mixité entre les hommes et les femmes mariés et de l’isolement entre un homme et une femme ; n’est-il pas probable qu’ils tombent dans l’adultère, même si on évaluait cette probabilité à 5 % seulement ? Il me répondit : « Oui, et même plus de 5 % ! » Une autre fois, je lui demandais : « Ces relations non conformes ne sont-elles pas une des plus importantes causes de la perversion et de la dépravation de la société ? » Il me répondit : « Bien sûr. »
 
            Je lui ai dit en résumé : « Ceci est un des bénéfices de notre religion qui nous interdit la mixité… Ainsi, la femme, chez nous, est très respectée et jouit de multiples droits qu’elle soit fille, épouse, ou bien mère. En effet, celui qui détient l’autorité sur elle subvient à tous ses besoins et il travaille pour son bien-être. Il y a dans notre système familial tellement d’amour, d’aide et de solidarité que votre société ne peut même pas le concevoir. » Il répondit : « c’est beau et très logique. » J’ai senti la sincérité dans ce qu’il disait.
 
            Ensuite, je lui ai demandé : « Que connais-tu de l’islam ? » Il me répondit : « Khomeyni et Kadhafi ! » J’ai cru qu’il plaisantait, mais je me suis rendu compte que c’était tout ce qu'il connaissait de l’islam. Un diplômé de l’Université de Cambridge qui ne sait même pas qu’il y a un livre nommé le noble Coran, ni un prophète nommé Muhammad (que la prière et le salut d’Allah soient sur lui) !!! L’homme me parlait, face-à-face, et il me semblait être un petit enfant ; je m'excuse auprès des enfants de nos pays qui connaissent la religion d’Allah bien plus que lui. Je lui ai dit : « Je ne sais pas qui est responsable de ta totale ignorance au sujet de l’islam ?!! Est-ce votre université et votre programme d’étude, ou est-ce toi qui as accepté personnellement cette situation ? Comment ne vous enseignent-ils pas une religion pratiquée par un milliard de personnes dans le monde ? Alors que votre pays entretient des relations historiques et a des intérêts avec les pays du monde musulman ! » Ensuite, avant que le professeur ne quitte mon domicile, je lui ai offert une collection de livres sur l’islam. Plus tard, il me téléphona et m’informa qu’il avait lu ces livres, et qu’il souhaitait en lire d’autres.
 
            Cher lecteur, comme j’aurais souhaité avoir plus de temps pour suivre le parcours de ce genre de personne. Mais, malheureusement, que puis-je faire sachant que la plupart de mon temps est occupé par un travail difficile. Je fais passer le plus important en priorité dans mon activité de prêche islamique. Par ailleurs, est-ce que les « perroquets » du tiers-monde (ceux qui imitent aveuglément les Occidentaux) connaissent la réalité des Occidentaux ?!
 
            Si le diplômé de l’Université de Cambridge était ingénieur ou médecin, on aurait pu lui trouver une excuse, seulement il est diplômé de la faculté de langue et de littérature anglaise, il aurait donc dû apprendre au moins quelques points sur l’islam…
 
            Par contre, que ceux qui abondent dans leurs essais littéraires et historiques de citations des orientalistes, viennent voir ce que les orientalistes enseignent de l'islam aux personnes telles que ce diplômé.
             
Ô Seigneur ! Ce ne sont pas les yeux qui s’aveuglent,
mais ce sont plutôt les cœurs dans les poitrines.
 
La femme occidentale et le mariage.
 
 
            Cher lecteur, j’ai pu déjà t’informer que j’étais psychothérapeute. Ce travail me donne l’occasion de percevoir un autre visage de nos sociétés et de communiquer avec des personnes diverses, hommes ou femmes. Il est normal, pour celui qui travaille dans ce genre de spécialisations, de donner de l’importance aux problèmes des gens. Le spécialiste peut marcher dans la rue et avoir son attention attirée par quelque chose, à laquelle le simple passant n'accordera pas d'importance. J’espère tant voir les savants prédicateurs prêter plus attention à ce genre de situations et présenter des solutions satisfaisantes. En effet, leur rôle sera plus important que celui des médecins ou des représentants de l'ordre, car ne pas appliquer les directives islamiques est un des plus importants facteurs qui provoque ce genre de maladies.
 
            J’ai tenu à évoquer cette introduction, pour que le lecteur ne s’étonne pas des évènements que je vais citer, notamment les consultations médicales que viennent faire les femmes chez nous, et l’écoute de leurs problèmes. Certes, il n’y a pas de guérison sans écouter et débattre de ces problèmes.
 
            Après cette introduction, je retourne à mon propos, celui de la femme occidentale et le mariage :
 
            Au début de mon séjour en Angleterre, j’étais étonné de voir que c’était la femme qui pourvoyait aux dépenses de l’homme ; je remarquais cela, lorsque je montais dans le train, ou lorsque j'entrais dans un restaurant, en effet, le mot « générosité » n'existe pas dans le vocabulaire des Occidentaux.
 
            Plus tard, lorsque cet étonnement s’amenuisa et lorsque les malades m’informèrent de la cause de ce phénomène, j’ai compris d’eux que l’homme n’aime pas être lié par l’acte de mariage, mais il préfère avoir ce qu’ils appellent une « petite amie » « girl friend » et les femmes disent « mon petit ami » « boy friend ». Ceci n’a rien à voir avec la loyauté[1] ! Comme ils ont déformé ce mot, car l'ami signifie : la loyauté, l’amour, le bon comportement, l’honneur, la générosité, la fidélité et autres belles et sublimes significations.
 
            Le compagnon, chez eux, vit des années ou des mois avec la femme, sans subvenir à ses besoins, c’est plutôt elle qui le fait pour lui, dans la majorité des cas. Il peut aussi quitter la maison quand il le souhaite, ou il peut demander à la femme de quitter sa maison, si elle vit chez lui. C’est pour cette raison que, chez eux, la femme vit dans l’angoisse et dans une grande peur ; elle redoute que son compagnon se lie avec une autre femme pour ensuite la quitter, sans qu’elle puisse trouver un autre petit ami !!!
 
            Comme on dit « l’exemple éclaircit l’argumentation », j’ai donc choisi un seul exemple parmi tant d’autres, qui montre le statut de la femme en Occident.
 
            J’ai pu rencontrer, lors de mes consultations thérapeutiques, une femme d’une vingtaine d’années, dans état psychologique dépressif. Plus tard, elle se sentit un peu mieux et commença à s'exprimer consciencieusement, je l’ai alors questionné sur sa vie. Elle me répondit, en larmes : « Mon seul problème est que je vis dans un état d’angoisse et de désarroi, je ne sais pas quand mon petit ami va me quitter et je ne peux même pas lui demander de se marier avec moi, car j’ai peur de sa réaction. On m’a conseillé d’avoir un enfant de lui, afin que ceci l’encourage au mariage. Voici l'enfant et comme vous pouvez le constater la beauté ne me fait pas défaut, malgré tout cela j'entreprends tout ce qui en mon pouvoir, comme services et dépenses d’argent, et pourtant je n’ai pas réussi à le convaincre de se marier. Voilà la véritable raison de ma maladie et sa cause majeure. J’ai le sentiment d’être isolée dans cette société, je n’ai pas de mari pour m’aider à assumer les charges de la vie. J’ai une famille, mais c'est comme si elle n'existait pas. Si j’avais su, je serais restée sans enfant, parce que je ne veux pas qu’il souffre et qu’il soit malheureux dans cette vie, comme j’ai souffert et été malheureuse. »
 
            Cette femme malade n’est nullement une exception de la société occidentale, ce sont plutôt ceux qui vivent une vie tranquille qui font exception…Après tout cela, les Occidentaux trouvent à critiquer nos sociétés musulmanes et prétendent que nos femmes y vivent une vie misérable et triste. Seulement, nous, nous ne prêtons aucune importance à l’opinion que l’Occident a de nous et nous ne leur demandons même pas d’avoir un bon comportement à notre égard. Par contre, nous voulons que nos femmes remercient Allah (qu’Il soit exalté) pour les bienfaits de l’islam. En effet, la femme était, à l’époque de l’ignorance (l’époque antéislamique), humiliée et méprisée. Mais vint l’islam pour élever son statut, et par la grâce d’Allah, l’homme commença à chercher lui-même, la main d’une femme pour se marier, et elle, à son tour, pouvait accepter comme refuser. Sa famille joue également un rôle important dans son mariage. De même, la femme, qu’elle soit chez son mari ou chez son père, est respectée et noble ; ceux sont les hommes qui subviennent à ses besoins. Ce dont nous nous plaignons dans nos sociétés, c’est l’excès dans le prix de la dot et les dépenses immodérées imposées à l’homme, pour qu’il puisse se marier. Allah le Très-Haut a dit :
 
« Ils te rappellent leur conversion à l’islam comme si c’était une faveur de leur part. Dis : Ne me rappelez pas votre conversion à l’islam comme une faveur. C’est tout au contraire une faveur dont Allah vous a comblés en vous dirigeant vers la foi, si toutefois vous êtes véridiques. » (Les appartements, v.17)
 
 
C’est une vraie reine !!!
 
 
            Notre voisine était une femme âgée d’environ soixante-dix ans. Elle nous inspirait de la compassion, lorsqu’on la voyait sortir et entrer sans personne de sa famille, ou de ses proches, pour l’épauler. Elle achetait elle-même sa nourriture et ses habits. Son domicile était paisible, sans aucune compagnie. Personne ne frappait à sa porte. Un jour, je voulus accomplir mon devoir de voisin que nous impose l’islam. C’est à cet instant qu’elle fut vraiment très étonnée lorsqu’elle me vit, alors que je n’avais pas fait grand-chose. Mais cette femme vivait dans une société où les bonnes actions n’existent pas, ni la douceur et la tendresse. En effet, les relations de voisinage se limitent, dans le meilleur des cas, aux bonjours et aux bonsoirs.
 
            Le deuxième jour, elle vint chez nous avec des bonbons pour les enfants et une carte de vœux dans laquelle elle écrivit l’expression de ses remerciements et de sa considération pour le service que nous lui avions rendu. Je l’incitai à venir rendre visite à ma femme. Elle venait ainsi la voir de temps en temps. Au fur et à mesure des visites qu’elle nous faisait, elle se rendit compte que l’homme, dans notre pays, était le responsable de sa maison et de sa famille, qu’il travaillait pour eux, qu’il leur achetait la nourriture et les vêtements. De même qu’elle apprit le profond respect des musulmans pour la femme, qu’elle soit fille, épouse ou mère, et plus particulièrement lorsqu’elle devient âgée. À ce moment-là, ses enfants et petits-enfants entrent en compétition pour être à son service et la respecter… Quant à celui qui refuse de servir ses parents et de les aider, il est mis en marge de la société.
 
            La vieille femme remarquait de près la solidarité familiale musulmane : Comment se comportait le père avec ses enfants, comment ils se rassemblent autour de lui, lorsqu’il pénètre dans la maison, et comment la femme se dévoue pour rendre service à son mari … La pauvre comparait sa situation à la nôtre, en se rappelant qu’elle avait des enfants et des petits-enfants, dont elle ignorait jusqu’à leur domicile, et qui ne lui rendaient jamais visite. Elle pouvait bien mourir et être enterrée, ou même incinérée, sans qu’ils en soient au courant. Ils n’y accordaient d’ailleurs aucune importance. Quant à sa maison, elle est le fruit de son travail et de son dur labeur tout au long de sa vie.
 
            Elle raconta à ma femme les nombreuses difficultés auxquelles a fait face la femme occidentale dans son travail et dans l’achat des besoins de la maison. Puis elle conclut ainsi : « La femme, dans votre pays, est bel et bien une reine, et si ce n’était mon âge avancé, je me serais marié avec un homme qui ressemble à votre mari et j’aurais vécu comme vous vivez. »
 
            Ce genre de phénomène est remarqué par tous ceux qui étudient ou travaillent en Occident. Malgré tout, il reste, dans notre pays, des personnes qui n’ont pas honte d’imiter les Occidentaux dans toutes les situations de leurs vies. De même, il reste toujours, dans le monde musulman, des journaux et des revues qui s’expriment avec admiration de l’habit de la femme occidentale, de son travail, de la mode occidentale et la liberté dont jouit la femme occidentale !!
 
Ô Seigneur ! À toi appartient la louange pour nous avoir comblés du bienfait de l’islam. Allah le Très-Haut dit :
 
 
 
« Ils te rappellent leur conversion à l’islam comme si c’était une faveur de leur part. Dis : Ne me rappelez pas votre conversion à l’islam comme une faveur. C’est tout au contraire une faveur dont Allah vous a comblés en vous dirigeant vers la foi, si toutefois vous êtes véridiques. » (Les appartements, v.17)
 
 
Lorsque la femme va à l’encontre de sa propre nature
 
 
            De mon séjour en Occident, je ne pourrais jamais oublier deux images d’une avocate de renom, en totale contradiction entre elles :
 
            La première image : Cette femme avait tous les qualificatifs suivants : saine de corps, la langue bien affilée, très enthousiaste dans ses croyances et ses convictions, d’un dynamisme infatigable : on peut lire ses articles dans les journaux, une autre fois, on l’entend s’exprimer à la télévision et affronter les plus grandes personnalités masculines, redoublant d’argumentation, ou encore on peut l’entendre dans les tribunaux défendre les causes pour lesquelles elle a consacré sa vie et son âme.
 
            Le cher lecteur pourrait s’imaginer que cette femme est avocate au service d’une entreprise ou d’une association. Mais non ! Son seul travail est la défense des droits de la femme et de l’égalité entre les hommes et les femmes. C’est pourquoi on peut constater qu’elle possède des statistiques surprenantes sur les ministères, les associations et les entreprises, et sur le pourcentage d’employés hommes et femmes en leur sein… Combien de fois a-t-elle imposé, ici ou là, un quota de femmes et le licenciement du surplus d’hommes. Combien de procès a-t-elle gagnés contre des entreprises, qui licenciaient des groupes de femmes, prétextant n’avoir plus besoin d’elles. C’était une femme très renommée, qui jouissait d’un grand prestige dans la société occidentale. C’était également un modèle pour les femmes, voire les hommes qui appelaient à l’égalité totale entre les deux sexes.
 
            La deuxième image : Celle de cette même femme, malade. Son médecin particulier l’a faite transférée aux urgences de l’hôpital psychiatrique où j’exerçais. C’est là que j’ai vu, de mes propres yeux, une scène totalement opposée à ce que voyaient les gens à la télévision ou au tribunal :
 
            J’ai vu une femme fragile, déprimée et abattue, qui éprouve le sentiment de vivre seule au monde, sans enfant, ni époux, ni frère, ni père. Les autres femmes, elles, la connaissaient comme étant la puissante avocate qui défendait leurs droits, mais elles n’avaient plus besoin d’elle lorsqu’elle était malade, à l’hôpital, ou immobilisée chez elle, ou encore dans une maison de retraite. Bien que je connaisse son problème avant même de la questionner, je l’interrogeai tout de même, car il faut bien interroger le malade, en prêtant attention à tout ce qu’il dit … Puis je lui demandai : « Quelle maladie avez-vous, que ressentez-vous ? » Elle répondit : « J’ai demandé à un homme de partager ma vie, mais il m’a répondu par la négative !! Je suis fatiguée de cette vie, et du travail que j’ai choisi. »
 
            Voici sa maladie que je retranscris en toute honnêteté et avec précision… J’ai donc accompli mon devoir en lui prescrivant le traitement nécessaire à ceux qui sont atteints de dépression nerveuse. Pourtant, je sens qu’elle ne guérira pas de sa maladie, car elle ne trouvera jamais un homme raisonnable qui osera risquer sa vie et son esprit en se mariant avec elle. Et si jamais elle le trouvait, ce sera le genre d’homme incomplet qui ne pourra jamais lui dire « non !! ». Mais, cette sorte d’homme ne peut pas résoudre son problème. D’un autre côté, si jamais elle guérissait de son mal, pour ensuite retourner à son ancien travail, c’est comme si elle revenait à son premier état. En effet, ce genre de femme cherche la célébrité et le naturel reprend toujours le dessus sur l’acquis… Elle souhaitera donc que les gens parlent d’elle, quels qu’en soient les résultats.
 
            Avez-vous vu lorsque la femme va à l’encontre de sa propre nature, qu’Allah a originellement attribuée à l’humanité ? Allah le Très-Haut dit :
 
« Dirige ton visage vers la religion exclusivement (pour Allah), telle est la nature qu’Allah a originellement donnée aux hommes – pas de changement à la création d’Allah –. Voilà la religion de droiture, mais la plupart des gens ne savent pas. » (Les romains, v.30)
 
              Le problème est que les gens n’ont vu cette femme qu’en bonne santé, la langue bien affilée, mais ne l’ont jamais vu sur un lit d’hôpital, souffrant de cette maladie psychologique qu’est la dépression nerveuse. L’admiration des sournois et de ceux qui se sont fait abuser par elle, est la cause de sa maladie, la source de son malheur, de sa misère et de son asservissement. J’ai été témoin personnellement de cette situation et les exemples à ce sujet ne sont très nombreux. Celui qui souhaite plus de preuves n’aura qu’à rechercher le pourcentage de femmes célèbres qui souffrent de dépression nerveuse en Occident, et même dans nos pays.
 
              L’autorité de l’homme chez lui est meilleure pour lui, son épouse et ses enfants ; qu’il renonce à cette autorité et ce sera pour la femme un enfer insupportable. La prétendue égalité entre l’homme et la femme n’est qu’une fable inventée par les ennemis de la femme : juifs, chrétiens, communistes et autres laïcs athées. Toutes les statistiques modernes démontrent l’échec de ce mythe.
 
« Que ceux qui désobéissent à l'ordre du Messager, prennent garde qu'ils ne subissent une épreuve douloureuse ou qu'un châtiment douloureux ne leur soit infligé. »([2])
 
Et que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur notre Prophète Muhammad, sur sa famille et ses compagnons.
 
 
 
Fin
 
Traduit le 11/3/1425. 30/04/2004
 par Abû Hamza Al-Germâny
 
Révisé le 17/2/1427. 17/03/2006
par Abû Ahmed
 
 
 
Exclusivité :
www.islamhouse.com
 

[1] En arabe le mot "ami" se dit « sadîq » et englobe le sens de loyauté (Note du traducteur).
[2] .      Le Coran: Sourate 24, la lumière, verset 63.
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