Description résumée

Il y a bien une chose dont on ne doute point, c’est que notre Prophète Muhammad, que la paix soit sur lui, était un exemple parfait dans le bon comportement. Ceux-là mêmes qui se sont opposés à lui en le traitant de menteur et en l’offensant témoignèrent de son noble comportement. En effet, lorsqu’Abou Jahl fut interrogé sur l’honnêteté du Prophète, il répondit : « Je jure par Allah que Muhammad est honnête et il n’a d’ailleurs jamais menti ! » De son mérite, toutes les créatures ont témoigné, jusqu’à ses adversaires, /La vérité est celle qui est attestée, malgré eux, par les contestataires ! Ce livre est un groupement de six beaux livres sur notre Prophète Muhammad qui le présentent sous différents aspects. À découvrir et à lire. Un livre pour tous, musulmans ou pas…

Détails

Muhammad ج
Le Prophète de la Miséricorde


6 livres pour mieux connaître ce Prophète qui a changé la face du monde…



Préparé par

Khâlid Abou Sâlih

Madar Al-Watan


Traduit par

Abu Hamza Al-Germâny


Publié par

Le bureau de prêche de Rabwah (Riyadh)


www.islamhouse.com
L'islam à la portée de tous!

Premier livre: Quelques aspects du comportement de notre Prophète Muhammad ج

من أخلاق النبي ج

L

ouange à Allah, Seigneur des mondes et que le salut et la bénédiction soient sur celui qui a été envoyé comme miséricorde à toutes les créatures, notre Prophète Muhammad, ainsi que sur sa famille et l'ensemble de ses compagnons…

Le Prophète ج: un exemple pour l'humanité

Il y a bien une chose dont on ne doute point, c'est que notre Prophète Muhammad ج était un exemple parfait dans le bon comportement. Ses bonnes manières et ses nobles caractéristiques ne furent réunies chez aucune autre personne si ce n'est la sienne. Ceux-là mêmes qui se sont opposés à lui en le traitant de menteur et en l'offensant témoignèrent de son noble comportement. En effet, lorsqu'Abou Jahl fut interrogé sur l'honnêteté du Prophète, il répondit: «Je jure par Allah que Muhammad est honnête et il n'a d'ailleurs jamais menti!»

De son mérite, toutes les créatures ont témoigné, jusqu'à ses adversaires,

La vérité est celle qui est attestée, malgré eux, par les contestataires.

Le bon comportement du Prophète fut tellement remarquable qu'Allah lui fit ses éloges en disant:

وَإِنَّكَ لَعَلَى خُلُقٍ عَظِيمٍ٤﴿ [القلم: 4].

«Tu as vraiment un excellent comportement.» [1]

Allah nous informe de sa compassion et de sa douceur envers ses compagnons lorsqu'il dit:

فَبِمَا رَحْمَةٍ مِنَ اللَّهِ لِنْتَ لَهُمْ وَلَوْ كُنْتَ فَظًّا غَلِيظَ الْقَلْبِ لَانْفَضُّوا مِنْ حَوْلِكَ﴿ [آل عمران: 159].

«Ô Muhammad, c'est par une miséricorde de la part de Dieu que tu as été si doux envers eux. Mais si tu avais été rude, au cœur dur, ils t'auraient fui.» [2]

Allah informa également que le Prophète ج était une miséricorde pour toute l'humanité lorsqu'il dit:

وَمَا أَرْسَلْنَاكَ إِلَّا رَحْمَةً لِلْعَالَمِينَ١٠٧﴿ [الأنبياء: 107].

«Nous ne t'avons envoyé que comme miséricorde pour l'univers.» [3]

Le Prophète ج puisait tout son comportement du noble Coran et on disait même autour de lui: «C'était un Coran qui marchait sur terre.»

Lorsqu'on interrogea sa femme Aicha, qu'Allah l'agrée, au sujet du comportement du Prophète ج, elle rétorqua au questionneur: «Ne lis-tu donc pas le Coran?» Il répondit: «Bien sûr que si.» Elle dit alors: «Le comportement du Messager d'Allah était le Coran.» [4]

Ibn Kathîr dit à ce sujet: «Cela signifie que le Prophète ج mettait en application les ordres du Coran et ses interdictions d'une manière spontanée et naturelle [...] Tout ce que le Coran lui ordonnait de faire, il s'empressait de l'appliquer et tout ce qu'il lui interdisait, il s'empressait de le délaisser. Ceci rajouté au fait qu'Allah a rendu inné en lui ce qui concourt au comportement idéal, comme la pudeur, la générosité, la bravoure, le pardon, la douceur et tout ce qui contribue au noble caractère.» [5]

En effet, avant même la révélation, le Prophète était connu parmi les siens comme étant «le loyal»: il était apprécié pour sa loyauté en toute chose et pour son comportement loin de toute traîtrise. Quelques compagnons décrivirent son comportement en ces termes: il ne tenait nullement de propos vulgaire, n'était point pervers et ne chahutait [6] point dans les marchés. Il ne rendait pas un mal par un autre, mais au contraire il pardonnait et excusait. Jamais il ne frappa une personne, si ce n'est en temps de guerre dans le sentier d'Allah. En effet, jamais il ne frappa un domestique ni une femme. Jamais il ne se vengeait pour une cause personnelle, mais seulement quand on violait ce qui était sacré auprès d'Allah. Lorsqu'on violait ce qui était sacré auprès d'Allah, il était celui qui se mettait le plus en colère. Toujours, lorsqu'il devait choisir entre deux choses, il optait pour la plus facile tant qu'elle ne renfermait pas un interdit. Lorsqu'il rentrait chez lui, il était un homme parmi les hommes: il lavait ses vêtements, trayait ses bêtes et s'occupait lui-même de ce dont il avait besoin.

Le Prophète ج retenait sa langue, il ne parlait que lorsque le sujet le concernait. Il prenait les nouvelles de ses compagnons et demandait après eux. Il les réconciliait et ne les poussait pas à la dispute. Il donnait de la valeur au bien et encourageait à le faire et rendait le mal détestable et le rabaissait. Il ne se levait ni ne s'asseyait qu'après avoir évoqué Allah. Lorsqu'il finissait de parler avec un groupe de personnes, il restait assis jusqu'à ce que tous les autres groupes se soient entretenus avec lui. Il donnait à chaque personne une part de son temps, de telle manière que chaque personne pensait qu'elle fut la mieux accueillie. Il répondait à la personne par ce qu'elle désirait ou par une douce parole; il respectait les personnes âgées, faisait preuve de tendresse avec les enfants et venait en aide à l'opprimé.

Il était agréable aux regards et faisait preuve d'un excellent comportement. Il était doux et n'était point rude au cœur dur ni critiqueur ni avare. Il était ouvert à tous et possédait le meilleur langage, et ses relations avec autrui étaient des plus louables.

Même si nous avons mentionné en résumé quelques nobles caractéristiques du Prophète ج, cela n'est nullement une liste exhaustive, car un très grand nombre d'autres comportements bénéfiques n'ont pas été mentionnés.

[1] (Al-Qalam, v.4) [2] (Ali-'Imrâne, v.159) [3] (Al-Anbiyâ', v.107) [4] Rapporté par Mouslim. [5] Tiré de «L'exégèse du noble Coran» (4/516) [6] C.-à-d. qu'il ne criait point ni hurlait dans les marchés pendant les transactions.

Le témoignage d'un chrétien

Par ailleurs, celui qui médite sérieusement les vertus du Prophète ج, les événements de sa vie, ses paroles et ses actes éprouvera naturellement de l'admiration envers lui. Ce que fit l'écrivain connu Thomas Carlyle [7], qui fut l'auteur du livre intitulé «les Héros» où il rédigea un étonnant chapitre au sujet du Prophète Muhammad ج, montrant par là sa foi en la sincérité du Prophète ج et sa profonde admiration pour lui.

Parmi ce qu'il écrivit: «On remarqua que Muhammad, depuis sa tendre enfance, était considéré comme étant un jeune doué de raison. D'ailleurs, les personnes avec lesquelles il vivait l'avaient surnommé «l'honnête» (homme faisant preuve de sincérité et de loyauté). Ses paroles, ses actes et sa pensée étaient véridiques. Ceux qui le côtoyaient avaient également remarqué que toute parole qui exhalait de lui renfermait une édifiante sagesse. J'ai appris de lui qu'il était extrêmement pondéré: il gardait le silence lorsque les paroles n'étaient plus nécessaires, mais lorsqu'il parlait, ces paroles n'étaient que vérité et raison. […] Tout le long de sa vie, nous avons vu en lui un homme aux principes bien établis et il fut connu pour son implacable détermination. Il se souciait du malheur des autres. Il était généreux, bienfaisant et clément. Il faisait preuve de piété et de mérite et était libre. Extrêmement sérieux et sincère, il était néanmoins d'un naturel doux, accueillant et accessible. Il était réjouissant, agréable, sociable et sa compagnie était appréciée. On pouvait parfois le voir plaisanter et s'amuser. Selon les témoignages, son sourire éclatant qui illuminait son visage, provenait d'un cœur sincère. Il était très intelligent et possédait un cœur magnanime. Il était naturellement grandiose sans qu'une école ne lui inculquât la science ni qu'un enseignant se chargeât de son éducation, car il n'en avait nullement besoin.» [8]

Ceci est le témoignage d'un écrivain chrétien occidental. Il se renseigna au sujet de Muhammad ج, et le résultat de sa pensée fut conforme aux conclusions auxquelles ont abouti ceux qui ont suivi le Prophète ج.

Passons désormais à une description détaillée du comportement élevé de ce noble Prophète ج en évoquant quelques situations qui mettront en relief la miséricorde, la compassion, la douceur, le pardon du Prophète ج, etc. C'est en effet par l'exemple que les choses deviennent plus claires.

[7] Thomas Carlyle (1795 – 1881) est un écrivain, satiriste et historien écossais, dont le travail eut une très forte influence durant l'époque victorienne. Il entretint une correspondance avec Goethe (1749 – 1832), qui, lui non plus, ne manquait jamais une occasion d'exprimer sa profonde attirance pour la religion de Muhammad et dont la conversion à l'Islam est d'ailleurs plus que probable. Gilles Kervenn. [8] Thomas Carlyle, "Heroes, Hero Worship, and the Heroic in History", Londres, p 50-51.

Le Prophète ج et les enfants

Anas Ibn Mâlik س disait: «Je n'ai vu personne faire autant preuve de compassion envers les enfants si ce n'est le Messager d'Allah ج. À ce propos, Ibrâhîm, le fils du Prophète ج, était allaité dans une maison des hauteurs de Médine; le Prophète avait l'habitude d'aller le voir en notre compagnie. En entrant dans la maison, il prenait Ibrâhîm puis l'embrassait. Ensuite, il s'en allait.» [9] L'élément prouvant la douceur qu'il portait aux enfants est qu'il allait jusqu'au village situé sur les hauteurs de Médine, pour embrasser son fils Ibrâhîm qui y complétait son allaitement, et repartait juste après.

Lorsque le même Ibrâhîm mourut, le Prophète ج le porta et le serra contre sa poitrine. Ensuite, il pleura et dit: «Les yeux versent leurs larmes, le cœur est meurtri de tristesse, mais malgré cela, nous ne prononçons que ce qui plaît à notre Seigneur. Certainement, nous sommes tristes de devoir te quitter, ô Ibrâhîm!» [10]

Al-Aqra' Ibn Hâbis س vit le Prophète ج embrasser Al-Hassan Ibn Ali (son petit-fils) et lui dit: «Je possède dix enfants et je n'ai jamais embrassé l'un d'eux!» Le Prophète ج rétorqua: «La miséricorde n'est point donnée à celui qui ne fait pas preuve de miséricorde.» [11]

Des Bédouins arrivèrent chez le Prophète ج et dirent: «Embrassez-vous vos enfants?!» Les gens répondirent: «Oui.» Ensuite, il ajoutèrent: «Nous jurons par Allah, que nous, nous n'embrassons jamais nos enfants.» Le Prophète ج leur dit alors: «Que puis-je pour vous, si Allah ne vous a pas pourvu de miséricorde?!» [12]

D'après Anas س, le Prophète ج rendait visite aux habitants de Médine, saluait leurs enfants et passait sa main sur leurs têtes par affection. [13]

Il était très tendre avec les enfants et s'amusait avec eux. Anas س dit: «Le Prophète ج était celui qui possédait le meilleur des comportements; j'avais un frère que l'on nommait Abou 'Oumayr, et lorsque le Prophète ج venait nous voir et le voyait, il lui disait pour le taquiner: «Dis-moi Abou 'Oumayr! Qu'a donc fait le noughayr? [14] Le noughayr est un petit oiseau qui ressemble au passereau, qui était nourri et abreuvé par Abou 'Oumayr.

[9] Rapporté par Mouslim. [10] Rapporté par Boukhâry et Mouslim. [11] Rapporté par Aboû Dawoud et Tirmidhy et authentifié par Albâny. [12] Rapporté par Mouslim. [13] Rapporté par Nassâi et authentifié par Albâny. [14] Rapporté par Boukhâry et Mouslim.

Le comportement du Prophète ج envers le servant et l'esclave

Méditez également sur le comportement que tenait le Prophète ج avec son servant Anas Ibn Mâlik س qui témoigne lui-même: «Je l'ai servi durant dix années, et jamais il ne me dit «fi!» par mépris, ni ne me dit pour une chose que j'avais faite: «pourquoi as-tu fait cela?», et ni pour une chose que je n'avais pas faite: «pourquoi n'as-tu pas fait ainsi?» [15]

Ceci montre l'immense douceur, l'immense délicatesse et l'immense ouverture d'esprit du Prophète ج. Mais ceci ne s'arrête pas là. En effet, Anas raconte س: «les esclaves de Médine prenaient la main du Prophète ج et ne la relâchaient qu'après qu'elles l'aient emmené à l'endroit désiré pour qu'il subvienne à leurs besoins.» [16]

Anas س dit: «Une femme simple d'esprit dit au Prophète ج: «Ô Messager d'Allah! J'ai besoin de toi.» Le Prophète ج lui répondit: «Ô mère d'untel! Emprunte le chemin que tu souhaites et je t'y suivrai pour résoudre ton problème.» Après cela, le Prophète s'en alla et se concerta avec elle en privé jusqu'à ce qu'elle n'ait plus besoin de son aide.» [17]

Les lumières de son message et les enseignements du Coran furent réunis en la personne du Prophète ج et furent mis en application dans son comportement et celui de ses compagnons, réalisant par là «la cité idéale» rêvée par toute société, et qui ne fut jamais instituée si ce n'est à l'époque du Prophète ج.

[15]Rapporté par Boukhâry et Mouslim. [16]Rapporté par Ibn Mâjah et authentifié par Albâny. [17]Rapporté par Boukhâry sans chaîne de transmission, Mouslim, Ahmad et Abou Dawoûd et authentifié par Albâny.

Le comportement du Prophète ج envers la mère et l'ignorant

Une autre preuve de la miséricorde et la tendresse du Prophète ج envers les adultes et les enfants est le hadith suivant où il dit: «Je débute la prière (en groupe) en ayant l'intention de la prolonger, mais lorsque j'entends les pleurs d'un enfant, j'allège ma prière pour ne pas tourmenter sa mère.» [18]

Parmi les exemples de sa miséricorde, on peut également citer: «Un Bédouin, encore ignorant des prescriptions islamiques, pénétra dans la mosquée du Prophète ج à l'intérieur de laquelle il urina. Les compagnons du Prophète ج s'empressèrent de le réprimander. Le Prophète ج leur dit: «laissez-le et ne l'empêchez pas.» [19] Ensuite, le Prophète ج le fit venir et lui dit: «Il n'est pas convenable de faire dans les mosquées ce genre d'actions comme uriner ou répandre toute autre impureté. Les mosquées ont au contraire été érigées pour évoquer Allah , prier et lire le Coran.» [20]

Remarquez comment le Prophète ج craignit que l'on porte préjudice à cet homme, si les compagnons l'avaient interrompu brutalement au milieu de son action. Ainsi, le Prophète ج leur ordonna de le laisser uriner dans la mosquée qui est l'endroit le plus pur qui soit, pour ensuite l'appeler afin de lui apprendre les bonnes manières et l'orienter vers la bonne voie avec douceur et délicatesse.

Un autre homme vint voir le Prophète ج et lui dit: «Ô Messager d'Allah! Je suis perdu!! Le Prophète ج dit: «Pour quelle raison?» il répondit: «J'ai eu des rapports sexuels avec ma femme pendant mon jeûne [21] de ramadan.» Le Messager d'Allah ج lui dit: «Peux-tu affranchir un esclave?» Il répondit: «non». Ensuite, le Messager d'Allah ج lui dit: «Peux-tu jeûner deux mois consécutifs?» Il répondit: «non». Enfin le Messager d'Allah ج lui dit: «Peux-tu nourrir soixante pauvres?» Il répondit encore par la négative puis s'assit. Le Prophète fit venir un panier garni de dattes, puis le donna à l'homme et lui dit: «Donne cela en aumône.» L'homme rétorqua: «Y a-t-il donc plus pauvre que nous? Il n'y a pas une maison dans la ville qui n'ait plus besoin de ce panier si ce n'est nous.» Le Prophète sourit jusqu'à apercevoir ses canines, puis lui dit: «Retourne parmi les tiens et nourris-les avec.» [22]

Cet homme a commis une énorme faute au vu de l'Islam. Il devait donc être sanctionné par une des trois sanctions précitées. Seulement le dénouement de son histoire se conclut par un cadeau offert par le Prophète ج, avec lequel il pourra se nourrir lui et sa famille.

Quelle bonté que celle du Prophète ج! Quelle clémence que celle qui a pu permettre à ce fautif de retourner heureux auprès de sa famille, muni d'un cadeau de valeur prodigué par le Prophète ج! Quelle leçon pédagogique que celle-ci, qui peut être prise par les éducateurs lorsqu'ils sont confrontés à la faute et à la maladresse humaine! Ceci est la réelle description de Muhammad, le Messager d'Allah ج

[18] Rapporté par Boukhâry et Mouslim. [19] Cela signifie qu'ils ne doivent pas faire en sorte qu'il s'arrête d'uriner, car cela pourrait lui causer du mal, donc laissez-le jusqu'à ce qu'il puisse terminer d'évacuer son urine. [20] Rapporté par Boukhâry et Mouslim. [21] Celui qui fait cela doit, d'après les prescriptions islamiques, affranchir un esclave, s'il n'en a pas les moyens, il devra jeûner deux mois consécutifs, de l'aube jusqu'au coucher du soleil, et s'il en est incapable, il devra nourrir soixante pauvres en une seule fois. [22] Rapporté par Boukhâry et Mouslim.

Le Prophète ج et les animaux

La miséricorde du Prophète ج ne se restreint pas qu'aux humains, mais s'étend aussi aux animaux. Bien des siècles avant que les organismes de protection animale ne soient institués, il a enseigné à l'homme le devoir de compassion envers les animaux et la nécessité de les traiter avec douceur. Il dit effectivement ج: «Une femme fut châtiée à cause d'une chatte, car elle l'enferma jusqu'à ce qu'elle meure; ce fut la cause de son entrée en enfer. Elle ne l'a ni nourrie ni abreuvée et ne l'a pas non plus laissée manger les petites bêtes et autres insectes de la terre.» [23]

Il dit également: «Il n'y a pas un moineau ou un animal plus gros, que l'homme ne tue sans excuse, sans qu'Allah ne lui demande des comptes le jour de la résurrection au sujet de ce qu'il a tué.» On lui dit: «Ô Messager d'Allah! Comment serions-nous excusés?» Il répondit ج: «Vous ne serez excusés que lorsque vous l'aurez égorgé et mangé, et ne tranchez point sa tête pour la jeter (par amusement).» [24]

De plus, le Prophète ج ordonna de bien traiter les animaux pendant leur sacrifice. Il dit à ce sujet: «Allah a prescrit de s'appliquer en toutes choses. Lorsque vous tuez, faites-le de la meilleure façon. Lorsque vous égorgez, faites-le de la meilleure façon. Que chacun de vous aiguise son couteau et allège les souffrances de la bête qu'il égorge.» [25]

Le Prophète ج dit aussi: «Ne prenez aucun être vivant pour cible.» [26] Cela signifie qu'il ne faut prendre aucun animal vivant pour cible en lui tirant des flèches. Ceci s'applique à la tauromachie réputée en Espagne, dans le sud de la France et dans d'autres pays. Ce divertissement est interdit en Islam, car il contredit le principe même de miséricorde. L'animal devient en effet la cible des lances du toréador qui l'épuise petit à petit en le faisant courir et en le vidant de son sang, puis qui essaie, après l'avoir ainsi torturé, de mettre cruellement fin à sa vie en lui plantant une épée entre les épaules, et tout cet affreux spectacle sous les rires et les exultations du public…

[23] Rapporté par Boukhâry et Mouslim. [24] Rapporté par Nassâï et authentifié par Albâny. [25]Rapporté par Mouslim. [26] Rapporté par Boukhâry et Mouslim.

La miséricorde du Prophète de l'Islam ج

Le pardon, le fait de passer sur les fautes et accepter les excuses est un des comportements du Prophète ج.

Aicha س dit: «Je questionnai le Prophète ج: «As-tu vécu un jour plus pénible que celui de la bataille d'Ouhoud?» Il répondit: «Certes, j'ai eu bien à souffrir de ton peuple, mais ce qui fut le plus pénible de leur part eut lieu le jour d'Al-Aqaba. Ce jour-là, je demandai à Ibn Abdil Yâlîl ibn Abdi-Koulâl de me soutenir, mais il ne me répondit point. Dès lors, je m'en retournai ne sachant plus où m'orienter et je ne recouvris mes esprits qu'après avoir atteint Qarnou-Tha'âlib [27]. Soudainement, en levant la tête, je vis un nuage dont l'ombre m'enveloppa. Je continuai à regarder puis j'aperçus en son sein Gabriel. Il m'appela et me dit: «Allah a bien entendu ce qu'a proféré ton peuple contre toi et la façon dont ils t'ont traité [28]. Alors, il t'a envoyé l'ange des montagnes. L'ange me salua et me dit: Ô Muhammad! Allah a bien entendu ce qu'a proféré ton peuple contre toi; je suis l'ange des montagnes et Allah m'a envoyé vers toi pour que j'exécute l'ordre que tu me donneras, car si tu veux, je peux les recouvrir des deux montagnes (Al-Akhchabayne) [29]?» Non, répondis-je, car de leurs flancs, j'espère qu'Allah fera sortir des personnes qui l'adorent seul et sans rien lui associer.» [30]

Ceci est sa clémence envers les mécréants qui l'ont combattu, offensé, chassé de son pays et qui se sont enjoints de le tuer; il mérite sans le moindre doute la description qu'Allah fit de lui:

وَمَا أَرْسَلْنَاكَ إِلَّا رَحْمَةً لِلْعَالَمِينَ١٠٧﴿ [الأنبياء: 107].

«Et nous ne t'avons envoyé qu'en miséricorde pour l'univers.» [31]

Sa miséricorde et son pardon furent encore plus grandioses, lorsqu'il rentra à La Mecque en conquérant et en victorieux, alors que ceux qui auparavant l'avaient démenti et combattu étaient devenus ses proies. À ce moment, l'Histoire s'arrêta pour contempler ce qu'allait faire Muhammad de ceux qui lui avaient livré bataille pendant vingt longues années. Ce jour-là, des musulmans pensèrent qu'ils allaient enfin pouvoir se venger, et dirent: «Ce jour est un jour de lutte sanglante.» [32] Le Prophète ج rétorqua: «Non, ce jour est plutôt un jour de clémence.» Ensuite, il se tint face aux vaincus en disant: «Ô habitants de la Mecque! Que pensez-vous que je vais faire de vous aujourd'hui?» Ils répondirent: «Du bien, car tu es un frère généreux, fils d'un frère généreux». Le Prophète ج reprit: «Je vais vous dire ce que Yousouf avait dit à ses frères: «Pas de récrimination contre vous aujourd'hui». Allez-vous-en, vous êtes libres». [33]

Un Prophète interdisant à ses compagnons de tuer un passereau sans excuse, ne peut en aucun cas, faire preuve d'indulgence, lorsqu'il s'agit d'excuser le meurtre de personnes qui ne le méritent pas. C'est pour cette noble raison que le Prophète ج dit:

«Je suis certes une miséricorde offerte (à l'humanité). 6» [34]

FIN[27] Ceci eut lieu lors de son retour de Taif (ville à 70km environ de La Mecque) le mois de dhoul-qa'dah de l'an 10 après le début de sa mission, l'année que certains historiens ont appelée «l'année de la tristesse». Le Prophète ج perdit en effet cette année-là son oncle Abou Talib puis peu de temps après sa femme Khadijah, après la rupture de l'embargo économique que Qoureych avait imposé au Prophète, à sa famille (Banou Hachim et Banou Al-Muttalib), musulmans et non-musulmans confondus. Ils avaient été contraints à vivre trois longues années dans le vallon de Abou Talib en se nourrissant essentiellement de feuilles d'arbres et de peaux. Ayant perdu le soutien et la protection de son oncle, le Prophète ج décida alors de se rendre à Taif pour exposer l'Islam à ses notables et y chercher un nouvel appui ainsi qu'un refuge face au mauvais traitement que Qoureych leur faisait subir à La Mecque. Malheureusement, les habitants de Taif réagirent de façon désobligeante et malveillante envers le Prophète ج et ordonnèrent à leurs enfants et à leurs simples d'esprit de l'expulser de la ville en lui jetant des pierres. Le Prophète ج fut blessé à tel point que ses sandales en furent toutes ensanglantées. Il ne recouvrit ses esprits qu'à Qarn ath-Tha'aalib, une localité proche de Taif sur la route de son retour à La Mecque, et c'est là que l'ange des montagnes lui apparut. [28] Une des réponses que le Prophète ج reçut d'un des notables de Taif fut notamment celle-ci: «Allah n'a trouvé que toi (comme prophète)?»… Gilles Kervenn. [29] Cela signifie: si tu me l'ordonnes, j'écraserai les polythéistes de Taif entre les deux montagnes qui entourent La Mecque. NdT. [30] Rapporté par Boukhâry. [31] (Les Prophètes, v.107) [32] Cela signifie un jour de tuerie et de vengeance. [33] Rapporté par Dârimy. Voir «Fath Al-Bâry» et «Moukhtassar As-Sîra» de Mouhamad Soulaymân Tamîmy. [34] Rapporté par Al-Hâkim et authentifié par Albâny.

Second livre: Le Prophète Muhammad ج et la femme…

النبي ج والـمرأة

Au nom d'Allah, l'infiniment Miséricordieux, le Très Miséricordieux

Introduction

L

ouange à Allah seul, et que Son salut et Sa bénédiction soient sur le dernier des Prophètes…

Croire que le Prophète de l'Islam, Muhammad ج , a opprimé et soumis la femme, a bafoué ses droits, l'a prise comme un objet de plaisir, s'est comporté envers elle tel un maître avec son domestique en ne l'écoutant pas, ni l'associant aux affaires publiques, sans la concerter ou lui demander son avis, mais qu'il lui ordonnait et qu'elle devait obéir, est une idée malheureusement répandue en Occident.

Ceci est l'image de Muhammad ج dans l'esprit des Occidentaux et notamment celle concernant son comportement avec la femme. Cette image est sans le moindre doute erronée allant à l'encontre de la réalité. Elle fut vulgarisée et ancrée dans les esprits des Occidentaux par les religieux, les intellectuels, les médias et même les politiques. Ceci, pour écœurer les gens de l'Islam et de son Prophète. Cependant, il existe un groupe de personnes dont font partie des gens considérés comme des meneurs dans le domaine intellectuel, médiatique et politique, qui n'accepte pas cette fausse vision des choses et persiste à montrer la réelle conception de l'Islam et de son Prophète ج. Seulement, l'emprise du premier groupe sur les médias a rendu la voix du deuxième groupe presque inaudible voire sans aucune répercussion.

Si nous voulons connaître la conduite que le Prophète ج adoptait avec la femme, il convient avant toute chose de lire sa biographie en étudiant ses paroles et son attitude envers elle, pour pouvoir ensuite juger en toute neutralité et objectivité.

Le statut de la femme avant l'Islam

En premier lieu, nous devons nous poser cette question: la femme jouissait-elle de droits avant l'Islam qui, ensuite, auraient été retirés par le Prophète ج après l'Islam?

La réponse est non! La femme ne possédait aucun droit avant l'Islam, mais l'Arabe, dans sa nature, détestait les filles, qu'il considérait comme un déshonneur. Ceci alla jusqu'à que certains Arabes d'avant l'Islam étaient connus pour enterrer les petites filles vivantes. Le Coran nous décrit cette situation, lorsqu'Allah dit:

وَإِذَا بُشِّرَ أَحَدُهُمْ بِالْأُنْثَى ظَلَّ وَجْهُهُ مُسْوَدًّا وَهُوَ كَظِيمٌ٥٨ يَتَوَارَى مِنَ الْقَوْمِ مِنْ سُوءِ مَا بُشِّرَ بِهِ أَيُمْسِكُهُ عَلَى هُونٍ أَمْ يَدُسُّهُ فِي التُّرَابِ أَلَا سَاءَ مَا يَحْكُمُونَ٥٩﴿ [النحل: 58-59].

«Et lorsqu'on annonce à l'un d'eux la naissance d'une fille, son visage s'assombrit et une tristesse profonde, mais contenue l'envahit. Il se cache des gens, à cause du malheur qu'on lui a annoncé. Doit-il garder cette fille malgré la honte engendrée ou l'enfouir dans la terre? Combien est mauvais leur jugement!» [35]

Avant l'Islam, s'il advenait à la femme de perdre son mari, elle était donnée en héritage à ses enfants et ses proches, si du moins ils le souhaitaient. Ils avaient libre choix de la remarier avec l'un d'entre eux, sinon ils pouvaient lui refuser tout remariage et l'enfermaient jusqu'à ce qu'elle meurt. L'Islam rejeta tout cela, et le Prophète ج lui fit valoir ses droits, comme nous pourrons le constater.

Avant l'Islam, la situation de la femme n'était point meilleure dans les autres communautés. En Grèce antique, la femme était considérée comme un misérable objet se vendant et s'achetant dans les marchés. Elle ne jouissait d'aucun droit civique, ni financier. Son mari, après son père, détenait un droit total sur elle, notamment sur son argent; en aucun cas, elle ne pouvait l'utiliser sans son accord préalable. En Inde, lorsque la femme perdait son époux, elle n'avait plus de raison de vivre; sa vie se terminait à la mort de son mari en s'immolant de plein gré sur son bûcher.

De même, si nous étudions la situation de la femme chrétienne au Moyen-Âge, nous remarquerons qu'elle vivait une situation pire que celles déjà citées. À tel point que les religieux se demandèrent si sa nature était humaine ou diabolique? Voilà l'environnement dans lequel vivait la femme avant l'Islam. Qu'a donc apporté l'Islam à la femme? Et qu'a apporté le Prophète ج à la femme?

[35] (Les abeilles, v58-59)

Le statut de la femme en Islam

Le Prophète ج nous a informé qu'il aimait la femme et en aucun cas ne la détestait ni la dévalorisait. Il disait ج: «De cette vie, j'ai aimé les femmes et le parfum, et on a rendu la prière agréable à mes yeux.» [36] Aussi, le Prophète ج parla de l'égalité humaine des femmes avec les hommes en disant: «Les femmes sont les consœurs des hommes.» [37] En effet, tous les hommes proviennent d'une femme et d'un homme, et les femmes également; personne n'est donc plus méritant que l'autre si ce n'est par la foi et les bonnes œuvres.

En France, en 585, lors du Concile de Mâcon, on se demandait: est-ce que la femme possède une âme ou pas? Ils en conclurent que la femme était dépourvue de l'âme qui sauvait la personne du châtiment de l'enfer si ce n'est l'âme de Marie qui, elle, sera sauvée!

Par contre, le Prophète ج a été envoyé pour confirmer l'égalité entre l'homme et la femme concernant la foi, la pratique et les récompenses qui leur sont liées. Allah dit:

إِنَّ الْمُسْلِمِينَ وَالْمُسْلِمَاتِ وَالْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ وَالْقَانِتِينَ وَالْقَانِتَاتِ وَالصَّادِقِينَ وَالصَّادِقَاتِ وَالصَّابِرِينَ وَالصَّابِرَاتِ وَالْخَاشِعِينَ وَالْخَاشِعَاتِ وَالْمُتَصَدِّقِينَ وَالْمُتَصَدِّقَاتِ وَالصَّائِمِينَ وَالصَّائِمَاتِ وَالْحَافِظِينَ فُرُوجَهُمْ وَالْحَافِظَاتِ وَالذَّاكِرِينَ اللَّهَ كَثِيرًا وَالذَّاكِرَاتِ أَعَدَّ اللَّهُ لَهُمْ مَغْفِرَةً وَأَجْرًا عَظِيمًا٣٥﴿ [الأحزاب: 35].

«Les soumis et les soumises à Dieu, croyants et croyantes, obéissants et obéissantes, loyaux et loyales, ceux et celles qui endurent avec patience, se montrent humbles, donnent l'aumône, jeûnent, préservent leur chasteté et se remémorent souvent Dieu: à tous Dieu a préparé un pardon et une énorme récompense.» [38]

Allah dit également:

مَنْ عَمِلَ سَيِّئَةً فَلَا يُجْزَى إِلَّا مِثْلَهَا وَمَنْ عَمِلَ صَالِحًا مِنْ ذَكَرٍ أَوْ أُنْثَى وَهُوَ مُؤْمِنٌ فَأُولَئِكَ يَدْخُلُونَ الْجَنَّةَ يُرْزَقُونَ فِيهَا بِغَيْرِ حِسَابٍ٤٠﴿ [غافر: 40].

«Celui qui fait une mauvaise action sera rétribué par son équivalent; et celui, mâle ou femelle, qui fait une bonne action tout en étant croyant, alors ceux-là entreront au Paradis pour y recevoir leur rétribution sans compter.» [39]

Lorsqu'Allah leur interdit de détester la naissance des filles en disant:

لِلَّهِ مُلْكُ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ يَخْلُقُ مَا يَشَاءُ يَهَبُ لِمَنْ يَشَاءُ إِنَاثًا وَيَهَبُ لِمَنْ يَشَاءُ الذُّكُورَ٤٩ أَوْ يُزَوِّجُهُمْ ذُكْرَانًا وَإِنَاثًا وَيَجْعَلُ مَنْ يَشَاءُ عَقِيمًا إِنَّهُ عَلِيمٌ قَدِيرٌ٥٠﴿ [الشورى: 49-50].

«À Dieu appartient la royauté des cieux et de la terre. Il crée ce qu'il veut. Il fait don de filles à qui il veut, et octroie des garçons à qui il veut. Ou bien il donne à la fois garçons et filles; et il rend stérile qui il veut. Il sait et est capable de tout.» [40]

… le Prophète ج fit de même en proscrivant cet affreux comportement et encouragea l'éducation des filles et le bon comportement envers elles. En effet, il dit ج: «Celui qui éduque deux filles jusqu'à ce qu'elles atteignent l'âge de la puberté, lui et moi, ressusciterons le jour de la résurrection de cette façon (et il joignit les doigts de sa main.)» [41] Ceci montre combien son degré est élevé et qu'il sera rapproché du Prophète ج pour la seule raison de s'être occupé de ses filles et pour les avoir protégées jusqu'à qu'elles aient atteint l'âge de la puberté et de la responsabilité. Le Prophète ج dit aussi: «Celui qui détiendra sous sa responsabilité trois filles ou trois sœurs, ou bien deux filles ou deux sœurs, puis se comportera bien avec elles en craignant Allah rentrera au paradis.» [42]

Au moyen de cette méthode encourageante, le Prophète ج mit fin à une conduite ancrée dans les esprits des Arabes avant l'Islam, celle qui portait en aversion les filles en les considérant comme le symbole de l'impuissance et du déshonneur.

[36] Rapporté par Nassaï et authentifié par Albâny. [37] Rapporté par Ahmad, Abou Dawoûd et Tirmidhy et authentifié par Albâny. [38] (Les coalisés, v.35) [39] (Celui qui pardonne, v.40) [40] (La consultation, v.49-50) [41] Rapporté par Mouslim. [42] Rapporté par Tirmidhy et authentifié par Albâny.

La femme et l'enseignement

Le Prophète ج encouragea les femmes à s'instruire en disant: «Rechercher la science est une obligation pour tout musulman.» [43] Cela concerne aussi bien l'homme que la femme. Une femme vint voir le Prophète ج et lui dit: «Ô messager d'Allah! Les hommes se sont emparés de toutes tes paroles, consacre-nous donc un moment pour que l'on puisse te rencontrer et que tu nous enseignes ce qu'Allah t'a appris.» Le Prophète ج dit: «Réunissez-vous ce jour-là et ce jour-ci.» Ce qu'elles firent aussitôt; durant ces jours, le Prophète ج leur enseignait ce qu'Allah lui avait appris. [44]

D'ailleurs, le Prophète ج, durant ses sermons et ses exhortations, s'adressait aux hommes comme aux femmes, puis s'adressait exclusivement aux femmes et leur consacrait quelques-unes de ses paroles. En d'autres termes, les personnes qui bénéficiaient le plus des paroles du Prophète ج étaient, sans le moindre doute, les femmes.

Le Prophète ج n'enfermait pas la femme à la maison, comme ils prétendent! Au contraire, il lui a permis de sortir lorsqu'elle avait des choses à faire, mais aussi pour rendre visite à ses proches et ses amis, pour rendre visite au malade, etc. Il lui a également permis d'aller à la mosquée en disant: «N'empêchez pas les femmes d'aller aux mosquées.» [45]

[43] Rapporté par Ibn Mâjah et authentifié par Albâny. [44] Rapporté par Mouslim. [45] Rapporté par Ahmad et Aboû Dawoûd et authentifié par Albâny.

Le Prophète ج aimait la compagnie de son épouse

De plus, le Prophète ج aimait la compagnie de son épouse lors des invitations et les refusait si jamais l'inviteur n'admettait pas sa femme avec lui.

Anas س raconte que le Prophète ج avait un voisin persan connu pour ses mets délicieux. Ce voisin prépara un plat pour le Prophète ج et le convia à sa table. Le Prophète ج lui dit: «Et mon épouse? (En parlant de son épouse Aïcha, qu'Allah l'agrée)» Il répondit: «Non (elle n'est pas conviée).» Le Prophète ج rétorqua: «Je refuse donc.» Le voisin réitéra son invitation et le Prophète ج lui redemanda: «Et mon épouse?» Il répondit: «Non (elle n'est pas conviée).» Le Prophète ج rétorqua de nouveau: «Je refuse donc.» Le voisin réitéra une nouvelle fois son invitation et le Prophète ج lui redemanda: «Et mon épouse?» L'homme, après trois demandes consécutives, dit: «Je suis d'accord.» Le Prophète ج et Aïcha se levèrent et se suivirent mutuellement jusqu'à atteindre la maison de l'hôte.» [46]

Remarquez comment le Prophète ج refusa l'invitation de cet homme parce qu'il ne pouvait pas supporter s'imaginer manger sans la compagnie de son épouse.

Ce comportement fait partie de la bonne relation à avoir avec sa femme, du respect de ses droits et de la prise en compte de ses sentiments et de ses considérations.

[46] Rapporté par Mouslim.

Le Prophète ج incite à la tendresse envers la femme

Le Prophète ج connaissait bien la nature féminine, il savait que les sentiments chez la femme exercent une influence plus grande que chez les hommes, sachant qu'elle est plus émotive et plus faible psychologiquement et physiquement. C'est pour cette raison que le Prophète ج conseilla d'être tendre et patient avec elle, de ne pas trop tenir compte de ses fautes, car être dur avec la femme mène à la rupture entre les époux. Le Prophète ج dit: «Veuillez du bien aux femmes. Elles ont été créées d'une côte et la côte la plus tordue est celle de la partie supérieure. Si tu cherchais à vouloir la redresser, tu la briserais, mais si tu la laissais ainsi, elle resterait tordue, je vous enjoins donc d'être bons avec les femmes.» [47] On trouve dans un autre hadith la version suivante: «Les femmes ont été créées d'une côte, si tu cherchais à vouloir la redresser, tu la briserais, conduis-toi bien avec elle et vous pourrez vivre ensemble.» [48]

Ce hadith montre quelle est la meilleure attitude à adopter pour que la femme puisse s'affermir et s'améliorer. Cette attitude ne passe que par la douceur, la délicatesse, la persuasion et la prise en charge. En effet, l'attitude qui consiste à vouloir changer la femme et l'améliorer par la violence et la rudesse ne mènera qu'à la multiplication des problèmes.

[47] Rapporté par Boukhâry et Mouslim. [48] Rapporté par Ibn Hibâne et authentifié par Albâny.

Le Prophète ج incite à subvenir aux besoins de la femme

Le Prophète ج incita les époux à dépenser pour leurs femmes selon leurs capacités. En Islam, subvenir aux besoins de la femme est une obligation prescrite à l'homme. Malgré cela, le Prophète ج informa que l'homme est récompensé pour chaque dépense effectuée pour son épouse. Le Prophète ج dit à Sa'd Ibn Aby Waqâss س: «Tu ne dépenseras point un bien, en voulant par cette dépense le visage d'Allah, sans qu'on ne te récompense pour cela, même la nourriture que tu fais goûter à ta femme.» [49]

Le Prophète ج dit également: «Le meilleur argent est celui qui est dépensé par l'homme pour sa famille.» [50] On entend par «famille» sa femme et ses enfants. Le Prophète ج dit: «L'homme qui donne de l'eau à boire à son épouse est récompensé.» [51] Al-'Irbâd Ibn Sârya س, compagnon du Prophète ج, après avoir entendu ce hadith, alla voir sa femme, lui donna à boire et l'informa de ce qu'il avait entendu du messager d'Allah ج.

Le Prophète ج a rendu l'homme responsable de sa femme et de ses enfants le jour de la résurrection; il dit: «Allah demandera des comptes à tout ceux qui avaient une responsabilité sous leur autorité: a-t-il bien assumé ses responsabilités, ou a-t-il été négligent? Ceci, jusqu'à ce qu'il demande à l'homme s'il a bien assumé la responsabilité qu'il détenait sur sa famille.» [52]

[49] Rapporté par Boukhâry et Mouslim. [50] Rapporté par Mouslim. [51] Rapporté par Ahmad et considéré comme bon par Albâny. [52] Rapporté par Ibn Hibbâne et authentifié par Albâny.

L'exhortation du Prophète ج au bon comportement envers son épouse

Le Prophète ج montra qu'entretenir de bonnes relations avec les femmes était un signe révélant la noblesse d'esprit et la vertueuse attitude de l'homme. Le Prophète ج dit: «Le meilleur d'entre vous est celui qui est le meilleur avec les femmes.» [53] De plus, le Prophète ج interdit de frapper la femme: «Ne frappez pas les femmes.» [54] Il ordonna de patienter avec elle et de ne pas avoir de l'aversion contre elle en disant ج: «Le croyant ne doit pas détester sa femme, car si un comportement en elle lui déplaît, un autre lui plaira.» [55] C'est comme si le Prophète ج ordonnait à l'homme de rechercher uniquement les atouts de la femme et ses bons côtés, sans s'attarder sur les bévues et les écarts de conduite, car cela, mène à la rupture et à l'animosité entre les époux.

Le Prophète ج autorisa l'épouse à porter plainte en justice, si son époux se comportait mal envers elle. Des femmes venaient voir les femmes du Prophète ج pour se plaindre du mauvais comportement de leurs maris; le Prophète dit alors: «De nombreuses femmes se sont présentées chez la famille de Muhammad pour se plaindre de leurs maris; sachez donc qu'ils ne sont en aucun cas les meilleurs d'entre vous.» [56]

Cela signifie que ces hommes qui se sont mal comportés avec leurs femmes et les ont offensées ne sont nullement les meilleurs hommes.

Le Prophète ج, saisissant la faiblesse physique de la femme par rapport à l'homme et le fait qu'elle ne peut pas se défendre seule dans la plupart des cas, mit en garde contre ceux qui s'en prennent aux faibles, dont fait partie la femme, et les menaça en disant: «Ô seigneur! Je mettrai dans la gêne ceux qui s'en prennent aux droits des deux faibles: l'orphelin et la femme.» [57]

Cela signifie que ceux qui s'en prennent à ces deux types de personnes ne seront point pardonnés, mais seront exposés à la gêne et au châtiment dans cette vie et dans l'au-delà.

[53] Rapporté par Ahmad et Tirmidhy et authentifié par Albâny. [54] Rapporté par Abou Dawoûd et Nassâï et authentifié par Albâny. [55] Rapporté par Mouslim. [56] Rapporté par Aboû Dawoûd et Nassâï et authentifié par Albâny. [57] Rapporté par Nassâï et Ibn Mâjah et considéré comme bon par Albâny.

L'ordre du Prophète ج de préserver les secrets du couple

Le Prophète ج ordonna de garder les secrets des femmes en disant ج: «Le jour de la résurrection, parmi les personnes dont la situation sera des plus mauvaises auprès d'Allah, l'homme qui prend plaisir avec sa femme et la femme qui prend plaisir avec lui pour ensuite divulguer leur intimité (aux autres).» [58]

Ce hadith montre qu'il est interdit à l'homme de divulguer comment se déroulent ses rapports sexuels, les décrire en détail, comme il lui est interdit de divulguer tout autre secret confié par sa femme.

Le Prophète ج a pris soin des exigences sexuelles de la femme; c'est pour cette raison qu'il encouragea les maris à accomplir l'acte sexuel et à assouvir complètement les besoins de la femme pour qu'elle n'éprouve pas l'envie de voir un autre que son mari. Le Prophète ج dit: «Chaque fois que vous faites œuvre de chair, ceci est équivalent à une aumône.» Les compagnons s'écrièrent: «Ô messager d'Allah! Comment pouvons-nous assouvir nos besoins sexuels et obtenir par là une récompense?» Il répondit ج: «N'as-tu pas vu la personne qui accomplit l'acte sexuel de façon illicite; cette personne ne récolterait-elle pas un péché? De la même façon, celui qui accomplit l'acte sexuel de façon licite obtient une récompense.» [59][58] Rapporté par Mouslim. [59]Rapporté par Mouslim.

L'interdiction du Prophète ج d'avoir de mauvaises suspicions à l'égard de sa femme

Parmi les honneurs que le Prophète rendit à la femme, on compte le fait qu'il interdit aux hommes d'avoir de mauvaises suspicions à leurs égards et de rechercher en elle un faux pas. Jâber س dit: «Le messager d'Allah ج interdit au voyageur de rentrer chez son épouse de nuit par surprise afin de la prendre sur le fait accompli et pour ambitionner de voir un faux pas.» [60]

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