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1 - Sourate Al-Fatiha (l’ouverture) ()

(1) 1. Au nom d’Allah, le Tout Clément, le Tout Miséricordieux.[2]
[2] La traduction par « Le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux », du reste très heureuse quant à sa fidélité à la paronymie de l’expression d’origine : raḥmân, raḥîm, polyptote formé sur la racine commune « raḥama », ne bénéficie malheureusement pas de la même réussite sur le plan du rythme et de l’euphonie. La formule « Le Tout Clément, le Tout Miséricordieux », quoique moins fidèle à la dérivation littérale, nous a semblé plus naturelle et plus fluide. L’intensification deux fois par l’adverbe « Tout » plutôt que par « Très », traduit bien celle qui, propre à l’arabe, utilise le superlatif interne : « ân » dans « raḥmân », « îm » dans « raḥîm ». L’adverbe « Tout » est différent de « Très », superlatif externe qui se traduit ordinairement par جدّا ; tel n’est pas le cas de « Tout », aux valeurs sémantiques plus absolues et qui s’inscrit harmonieusement dans la nature absolue et « toute puissante » des Attributs divins.

(2) 2. Louange à Allah, Seigneur de l’Univers.

(3) 3. Le Tout Clément, le Tout Miséricordieux.

(4) 4. Souverain[3] du Jour de la Rétribution.
[3] ملك se lit de deux façons : en allongeant la première syllabe, au sens littéral de « possesseur », ou en la raccourcissant, au sens de « roi ». La traduction par « souverain » inclut, nous semble-t-il, les deux sens. Notons que la lecture de Hafç, adoptée pour la présente traduction, opte pour la première prononciation.

(5) 5. C’est Toi (Seul) Que nous adorons, et c’est Toi (Seul) Dont nous cherchons l’assistance.

(6) 6. Guide-nous sur la voie droite,

(7) 7. voie de ceux que Tu as comblés de Tes grâces, non celle des réprouvés,[4] ni celle des égarés.
[4] Par Ta colère. Nous avons préféré traduire غير المغضوب عليهم par le passif, plus fidèle à la structure du texte coranique, et en évitant de traduire par la proposition relative « ceux qui sont réprouvés », « ceux qui ont encouru Ta colère », qui sont des traductions de segments arabes introduits par الذين. Or, ce pronom relatif ne s’est produit que dans الذين أنعمت عليهم , que nous avons effectivement traduit par « ceux que Tu as comblés de Tes grâces ». Du reste, l’égalité et la symétrie des segments : « non celle des réprouvés, ni celle des égarés » évite au rythme le trébuchement dû à la structure déséquilibrée : « non de ceux qui sont réprouvés, ni des égarés », ou « non de ceux qui ont encouru Ta colère, ni des égarés ».

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