Quoi qu’en disent les vendeurs de lampes ...

- première partie -

Ecrit par

cAbdallah abou Ahmad

Publié par

Le bureau de prêche de Rabwah (Riyadh)

www.Islamhouse.com

L’Islam à la portée de tous !

مَهْمَا قَالَ بَائِعُو المنارات ...

الجزء الأول

للداعية :

عبد الله أبو أحمد الفرنسي

- حفظه الله –

مراجعة كاملة: فريق دار الإسلام

بِسْمِ اللهِ الرَّحْمنِ الرَّحِيمِ

 Introduction

Les gens ne sont pas tous semblables. Parmi eux, certains discutent par amour pour la dispute et les querelles tandis que d’autres, sincères, cherchent à comprendre par le biais d’une discussion ce qu’ils n’ont pas réussi à saisir d’eux-mêmes. Ainsi, il se peut que la même question soit posée avec des intentions différentes. N’ayant pas la capacité de lire dans les cœurs, nous préférons considérer nos interlocuteurs comme étant des gens honnêtes, intellectuellement intègres et prendre leurs questions au sérieux. L’intention étant un secret entre l’homme et son Créateur, chacun sera rétribué en fonction de celle-ci.

Cette épitre a pour objectif de répondre aux questions les plus fréquemment posées par les non-musulmans, qu’ils soient croyants ou athées, au sujet de l’Islam. Ce n’est pas par hasard que l’on voit les mœurs se dégrader, les familles se dissoudre et l’individualisme envahir nos sociétés. Le vide spirituel ressenti par de nombreuses personnes est d’autant plus difficile à supporter que, lorsque qu’elles scrutent l’horizon de leur histoire passée, l’idée d’un retour au religieux a de quoi leur faire froid dans le dos. Concilier cette aspiration avec la modernité leur semble alors impossible. Et, vu les informations mises à leur disposition à ce sujet, on ne saurait les blâmer des conclusions qu’ils en tirent.

Cependant, lorsque le soleil se couche laissant derrière lui crépuscule puis obscurité, il se met irrémédiablement à briller ailleurs. Même si les vendeurs de lampes ont tout intérêt à faire croire aux clients potentiels qu’il ne reviendra plus. A leur image, des gens mal intentionnés se sont glissés entre le message de l’Islam et les cœurs des occidentaux. Pourtant, lorsqu’ils ont l’occasion de le découvrir sous son vrai visage, beaucoup de ces derniers y voient le remède à la multitude des maladies diagnostiquées au chevet de notre civilisation. C’est parce que je fais partie d’eux que j’aimerais partager les quelques lignes qui suivent avec vous.

Sachez, cher lecteur (ou chère lectrice), qu’aucun intérêt mondain ne nous anime et que, tout comme celui qui a rédigé cet écrit, la personne qui vous l’a fait parvenir n’attend rien de vous en retour. Ni argent, ni quoi que ce soit d’autre. La seule chose que nous vous demandons est que vous vous retiriez quelques instants dans un endroit calme, loin des aprioris, que vous éteigniez la télévision, internet ainsi que votre téléphone portable. Puis, que vous nous accordiez votre attention le temps de lire les pages suivantes.

Sachez aussi, pour ne pas passer à côté de l’essentiel si vous n’avez pas le temps d’achever cette lecture, que l’Islam n’est pas la religion exclusive des arabes. C’est un message adressé à l’humanité toute entière, vous y compris. Un message universel à l’aune duquel les individus ne sont jugés ni en fonction de la couleur de leur peau, ni en fonction de leur statut social. Un message de justice, alliant spiritualité et vie pratique, éthique individuelle et vie sociale, respect, droits et devoirs. Un message d’espoir et de fraternité, d’écoute, d’entraide et de solidarité que beaucoup recherchent en frappant à des portes qui ne s’ouvriront pas. Décrié injustement, peu, mal ou méconnu, voici en quelques mots le message au sujet duquel nous vous invitons à réfléchir.

Question 1 :

 Comment un être doté de raison peut-il encore croire en Dieu à notre époque ?

C’est assez « amusant » de voir combien les médias font bien leur travail de désinformation. Ainsi, à force d’entendre certaines choses depuis notre plus tendre enfance, même les sentiments enfouis au plus profond de nous peuvent finir par nous sembler étrangers. Démonstration.

Avant de partir étudier la langue arabe au Caire en 2009, je me suis rendu à la préfecture de la Seine Saint-Denis (93) afin de m’y faire délivrer un permis international. Je prends mon ticket, m’assoie et attends patiemment mon tour qui met du temps à arriver. Quelques instants plus tard, mon numéro s’affiche ainsi que celui du guichet où je dois présenter mon dossier. Une fois devant, je salue l’employé qui s’y trouve et m’assoie après qu’il m’y ait gentiment invité.

-            Qu’est-ce qui vous amène monsieur ?

-            Je souhaite faire un permis international.

-            Vous avez tous les papiers avec vous ?

-            Oui. Je me suis renseigné auprès de l’un de        vos collègues au téléphone avant de venir.

-            S’il vous plaît...

Je tends l’ensemble des documents à mon interlocuteur qui, lorsqu’il tombe sur ma carte d’identité, prend un air perplexe. Il fait plusieurs « va-et-vient » du regard entre celle-ci et mon visage, observe ma barbe, hésite quelques secondes, puis finit par me demander :

-            Je peux me permettre de vous poser une question ?

-            Je vous en prie.

-            Vous êtes de quelle origine ?

-            Mon père vient des Antilles et ma mère était française, de souche.

J’avais cru reconnaître par ses traits et sa couleur qu’il venait des Comores, j’ai donc naturellement ajouté :

-            Et vous, vous êtes Comorien ?

-            Ah non, pas du tout ! Dit-il. Je suis de la Guadeloupe.

-            En effet, ce n’est pas à côté !

-            Vous… (il hésite) Vous êtes… Comment dire… Musulman ?

-            Oui, tout à fait.

-            Mais… vous êtes français à la base !? Je veux dire (il cherche ses mots…)

-            Est-ce que je suis un converti ? C’est ça ?

-            Oui voilà, c’est ça ! Enfin, si ca ne vous dérange pas d’en parler.

-            Non, non, aucun problème. On peut en parler. Alors oui, effectivement, j’ai embrassé l’Islam il y a bientôt dix ans maintenant.

-            Et, comment ca s’est passé ?

-            C’est un peu long à expliquer. Pour faire court, disons déjà que depuis enfant, j’ai toujours cru en l’existence d’un Créateur. Ca me semblait logique, dans l’ordre des choses, quelque chose d’évident. A vrai dire, avec le recul, je me dis même que c’est celui qui prétend ne pas croire en Dieu qui devrait apporter les preuves de ses allégations et non pas le croyant. Car finalement, c’est ne pas croire en l’existence d’un Créateur qui est contraire à la raison humaine.

-            Pardon ?

-            Ce que je viens de dire n’est pas clair à quel niveau ?

-            C’est très clair, simplement excusez moi de vous dire que ce n’est pas un discours courant.

-            J’entends bien. Cependant, cela n’en reste pas moins une évidence que chacun d’entre nous porte en lui. Ne pas croire en un Créateur est contraire à la raison humaine. Et cela ne fait aucun doute !

Mon interlocuteur s’accoude à son bureau, prend un air très sérieux et me demande presque solennellement :

-            Ca ne te dérange pas si on se tutoie ?

-            Pas du tout, aucun problème.

-            Je peux te demander d’expliquer ce que tu affirmes ?

C’est une situation peu commune de se retrouver à la préfecture en train d’expliquer sa religion. D’autant plus que ce n’est pas moi qui ai engagé la conversation sur le sujet et que la file d’attente pour passer au guichet où je me trouve est loin d’être négligeable. Je demande poliment :

-            As-tu le temps pour ce genre de discussion ici ? Sinon, si tu préfères, on peut essayer de se voir plus tard pour parler de tout ca.

-            Non, vas-y ! Je m’occupe de ton dossier et je t’écoute en même temps.

-            D’accord… Imagines que tu habites dans un petit pavillon. Ta chambre est au premier étage et sa fenêtre donne sur un jardin.

-            Oui ????!

Il lève la tête vers moi ainsi que l’un de ses sourcils. L’air embarrassé. Il ne dit rien de désobligeant, mais je sens bien que mon introduction lui semble légèrement – et c’est le moins que l’on puisse dire – « hors-sujet ».

-            Avant d’aller te coucher, tu jettes un œil par la fenêtre comme à ton habitude. Le jardin est vide, calme, rien à signaler. Ok ?

-            Ok.

-            Quelques heures plus tard, à ton réveil, tu t’aperçois que la fenêtre est complètement murée. Impossible pour toi de voir ce qui se passe à l’extérieur. Quelle est ta réaction ?

-            Je me dis « Qu’est-ce que c’est que ça ? »

-            Non, tu sais très bien ce que c’est. C’est un mur…

-            Ben… Alors, je me dis : « Qui a fait ca ? »

-            Est-ce qu’il te vient à l’esprit une seconde que ce mur se soit fait tout seul ?

-            Non !

-            Penses-tu que les blocs de ciments qui jonchent le bord de ta fenêtre aient atterri ici par le fruit du hasard ? Au gré du vent, de la pluie, du sable et des cailloux qui les constituent ?

-            Non, évidemment !

-            Acceptes-tu l’idée que ces parpaings soient juste « là », sortis du néant ; qu’il n’y ait pas de question à se poser quant à leur origine, leur place et qu’ils y sont parce qu’ils y sont et que c’est comme ça !?

-            Ils n’y étaient pas la veille, ils viennent bien de quelque part ! Ils ne sont tout de même pas tombés du ciel !

-            Merci. Permets-moi de te poser une autre petite question avant de conclure, je sais que nous n’avons pas trop de temps…

-            Oui vas-y, je t’écoute.

-            Penses-tu qu’il soit plus difficile de murer une fenêtre ou de créer un être humain ?

-            Il sourit tellement la réponse lui semble évidente.

-            Réponds s’il te plaît, je veux juste m’assurer que nous sommes bien d’accord.

-            Nous ne sommes pas en mesure de créer un être humain. Or, nous construisons des murs tous les jours. La réponse est plus qu’évidente !

-            Oui, en effet. Mais alors pourquoi acceptes-tu concernant la création de l’être  humain ce qu’il te semble stupide d’accepter au sujet d’un simple mur ?

-            C’est-à-dire ?

-            Tu n’acceptes pas l’idée qu’un mur sorte du néant, ni qu’il soit le fruit du hasard ou présent sans raison. Comment peux-tu accepter cela pour l’homme après avoir reconnu qu’il est beaucoup plus sophistiqué ?

Mon interlocuteur s’est levé en direction de la photocopieuse, a dupliqué des documents puis à pris quelques instant avant de revenir vers moi. Arrivé à mon niveau, j’ai constaté que son visage n’avait plus l’air enjoué que j’avais remarqué au début de notre discussion. Il me dit :

-            Tu sais quoi ?

-            Non.

-            Je n’avais jamais pensé à ça de cette façon. C’est la première fois que je vois la question sous cet angle !

-            Tu comprends maintenant pourquoi je t’ai affirmé plus tôt que croire en un Créateur n’a rien d’opposé à la raison et que c’est, bien au contraire, le fruit d’une raison saine ?

-            Oui, tout à fait…

J’ai laissé mon numéro de téléphone à mon interlocuteur ainsi que quelques adresses de sites internet qui pourraient lui apporter, si tel était son désir, des informations plus précises au sujet de notre discussion. Il m’a remis mon permis de conduire en me souhaitant « bon voyage », je lui ai souhaité « bon courage », puis nous nous sommes quittés sur une poignée de main chaleureuse.

___

On nous rabâche à longueur de journée et depuis notre plus tendre enfance que la religion est l’ennemie jurée de la science, de la raison et de la réflexion. On laisse penser à qui veut bien l’entendre, et aux autres, que « croire en Dieu » serait un concept d’une autre époque et que l’humanité a aujourd’hui dépassé ce genre d’absurdités qui ne conviendraient qu’aux civilisations « arriérées ». Or, et c’est bien là le comble, quiconque se laisse le temps de réfléchir à la question s’aperçoit qu’il penche naturellement vers le contraire de ce qui semble « communément admis ». Cette propagande redondante, habillée de slogans publicitaires foudroyants d’individualisme, d’invitations à suivre ses passions, de belles mélodies et autres « divertissements » salutaires au bien être des téléspectateurs-consommateurs aurait-elle pour finalité de ne pas nous laisser le temps de réfléchir ?

Ce serait trop bête.

Non ?

___


Question 2 :

 Le fait de reconnaître l’existence d’un Créateur ne me pose plus de soucis. J’avoue même que cela me semble maintenant une évidence irréfutable. Cependant, les philosophes divergent sur le sens de la vie. Certains d’entre eux, contrairement à vous, nient le fait qu’elle en ait un. Qui croire ?

Quiconque admet la nécessité d’un Créateur et s’arrête, ne serait-ce qu’un instant, sur la perfection de Sa création Lui reconnaît immédiatement certaines caractéristiques. Parmi elles, le fait qu’Il soit Puissant et Sage. A l’échelle humaine, personne n’accepte l’idée qu’un sage puisse agir sans raison ni objectif.  Il est donc inconcevable que Celui qui détient la sagesse suprême ait créé l’homme afin que celui-ci erre sans but à la surface de la terre. Maintenant, même s’il apparaît clairement que notre vie a un sens, la question reste entière. Comment le découvrir ? L’expérimentation scientifique et la raison humaine sont-elles suffisantes pour y parvenir ? Essayons d’y réfléchir sérieusement quelques instants.

La  raison humaine est source de progrès

La raison est cette faculté qui permet à l’homme, par le biais des expériences qu’il réalise, de tirer des conclusions sur l’univers qui l’entoure et, s’il en tient compte, d’en tirer avantage. Ainsi, lorsque bébé apprend à marcher, on le voit tâtonner, chuter, s’accrocher au canapé ou s’aider en s’appuyant sur les marches de l’escalier. En expérimentant le monde qui l’entoure, il tire des conclusions qui l’aident à mettre celui-ci à son service. Les exemples de ce genre sont innombrables et, du fait de se tenir debout à celui de marcher sur la lune, c’est la même règle qui prévaut. L’homme à cette faculté qui lui permet, par le biais de l’expérimentation, de tirer des conclusions et d’agir en fonction de ce qu’il considère être dans son intérêt.

La raison humaine est limitée

D’un autre côté, la raison ne peut pas guider l’homme dans un domaine qu’il n’a pas expérimenté. Ainsi, bien qu’il soit doté de cette faculté lui permettant de connaître et de juger, il n’est pas à l’abri d’utiliser le monde qui l’entoure en se faisant du mal à lui-même. Par exemple, un enfant attiré par le feu - qu’il voit pour la première fois - y mettra sa main sans l’ombre d’une hésitation. Ignorant des conséquences de son acte, il ne tiendra alors compte que de son envie d’assouvir sa curiosité et il se brûlera. Bien qu’il soit doté de raison, elle ne lui sera d’aucune utilité à ce moment précis car des informations lui manquent pour statuer avec discernement. Il en va de même pour l’homme en général et quel que soit le domaine dans lequel il évolue. Nous retiendrons ici que le champ d’action de la raison est limité. Au-delà de ce que l’homme à déjà expérimenté, elle n’est pas en mesure de le guider dans ses choix.

Utiliser la raison humaine hors de son champ d’action est une source d’égarement intellectuel

Si tu réunis plusieurs personnes autour d’un sujet qu’elles ne maîtrisent pas, elles n’ont d’autre choix que celui d’émettre des conjectures en se basant sur ce qu’elles connaissent déjà. L’histoire qui suit illustre très bien ce qui vient d’être dit. On a placé un éléphant dans une pièce très sombre. Ensuite, on a fait entrer cinq personnes que l’on a disposées respectivement comme suit : l’une devant la trompe, l’autre devant la queue, la troisième devant une patte, la quatrième face à l’oreille droite et la dernière au niveau de la défense gauche. On a demandé à chacune d’entre elles de toucher l’animal puis, après les avoir fait sortir de la pièce, de décrire ce à quoi il ressemblait. La première a dit que c’était un animal long, épais, en forme de tube et souple ; la seconde à prétendu qu’il était relativement court et fin ; la troisième à nié en bloc les affirmations des deux précédentes et a dit qu’en fait, c’était une sorte de colonne, rigide et solidement ancrée dans le sol ; la quatrième a décrit une forme plate fixée on ne sait trop comment à on ne sait pas vraiment quoi tandis que la cinquième à rapporté avoir senti une forme osseuse, lisse et pointue n’ayant rien à voir avec un être vivant. En fait, ils ont tous décrit fidèlement ce qui leur a été donné de constater par le biais du toucher. Cependant,  leur connaissance partielle les a induits en erreur. Ils ignorent la réalité de cet animal qu’ils croient pourtant connaître et quiconque s’appuiera sur leurs définitions sera, lui aussi, induit en erreur.

Le sens de la vie n’est pas accessible par l’expérience et hors de portée de la raison

Bien que l’homme ait la faculté d’apprendre de ses expériences, de nombreux sujets restent obscurs à ses yeux. Qu’y a-t-il après la mort ? Pourquoi suis-je sur terre ? Ma vie a-t-elle un sens ? Les questions de ce genre n’ont épargné aucune personne saine d’esprit. Et pour cause. D’une part, on ne peut acquérir ce type d’information par l’expérience humaine de notre vivant. D’autre part, ceux qui sont morts ne reviennent pas nous informer de ce qu’ils ont trouvé. Bien entendu, on trouvera toujours ici et là des gens imbus de leurs personnes qui émettent des hypothèses à ce sujet et en font des livres pompeux. Mais quelle est la valeur réelle de leurs paroles sans fin sur le sens de la vie ? Lorsqu’ils émettent des conjectures à son sujet, les philosophes athées sont semblables aux personnes que nous venons de décrire face à l’éléphant. Sauf qu’eux, ils tergiversent en connaissance de cause. Comment pourraient-ils prétendre connaître et enseigner aux autres le sens de la vie alors qu’ils ignorent eux-mêmes ses tenants et ses aboutissants ? Un mort serait-il venu les en informer ? En effet, seul un voyageur aguerri peut t’indiquer le bon chemin avec certitude. Quant à celui qui se contente d’émettre des hypothèses au sujet de routes qu’il n’a pas réellement parcourues, bien malheureux qui le suivra. Et bien malheureux qui le prendra pour guide.

La révélation divine est une nécessité

Ici apparaît le besoin qu’éprouve l’humanité d’être informée par son Créateur du sens de l’existence. Incapable d’acquérir d’elle-même cette donnée vitale, elle en a pourtant besoin afin de vivre en conformité avec ce pourquoi elle a été créée et connaître une vie apaisée. A défaut de détenir cette information, l’homme est voué à errer sans but à la surface de la terre. Et c’est, comme nous l’avons vu plus haut, contraire à ce qu’il convient à la raison saine d’accepter au sujet d’un Créateur Puissant et Sage.

___

Bien que la raison humaine soit une source de progrès, son champ d’action est limité à ce qui est expérimentable par l’homme. De ce fait, elle n’aura jamais accès d’elle-même au sens de la vie et restera dans l’incapacité – aussi brillante soit-elle – de guider l’humanité à ce sujet. Voilà pourquoi les philosophes divergent et tournent en rond depuis qu’ils existent. Quant au Créateur de cette raison humaine, parfaitement bien informé des limites de Ses créatures, Il ne les a pas laissées à l’abandon. Il a choisi des hommes et les a chargés de transmettre à l’humanité ces informations qu’elle ne pouvait acquérir d’elle-même. Quel est le sens de la vie ? Pourquoi avons-nous été créés ? Qu’y a-t-il après la mort ? Et bien d’autres éclaircissements au sujet des questions restées, pour le commun des mortels, sans réponse. Ces hommes sont ceux que les croyants des différentes religions reconnaissent comme prophètes et messagers. A part eux, aucune personne honnête ne peut prétendre informer l’humanité du sens de se sa présence ici.

___

Question 3 :

 A notre époque, les gens qui se revendiquent des messagers dont vous parlez sont nombreux. Et leurs religions sont différentes. Comment expliquez-vous cela ?

Si un homme venait te voir aujourd’hui en prétendant être envoyé par Dieu pour guider l’humanité, le plus élémentaire de tes droits serait de lui demander une preuve de ce qu’il avance. S’il te donnait une preuve convaincante, son droit serait alors que tu le considères comme tel et que tu le suives vers ce à quoi il t’appelle. Bien évidemment, pour que tu sois convaincu, il faudrait que cet homme soit en mesure de faire une chose impossible à faire pour ses semblables. Cette action hors du commun qui lui est permise de faire et qui prouve la véracité de ce qu’il prétend être, c’est ce qu’on appelle un miracle.

Ainsi, et pour ne parler que des plus connus des prophètes, lorsque Abraham (u) fut jeté dans le feu par son peuple pour l’avoir invité à délaisser les idoles et à n’adorer qu’Un Seul Dieu Unique, le feu ne lui fit aucun mal et il en sortit indemne. Cet évènement, défiant toutes les  lois de la physique, fut considéré comme un miracle ainsi qu’une preuve sans appel. De même, lorsque Moïse (u) a été envoyé à son peuple, il lui a été demandé d’apporter les preuves de sa prophétie. A son époque, les gens étaient subjugués par la magie et les magiciens. Il lui fut donc accordé des miracles qui révélèrent l’impuissance des plus habiles des magiciens de son temps, alors qu’il n’en faisait pas partie, et eux-mêmes reconnurent que seul un envoyé de Dieu était capable de ce qu’il avait accompli devant leurs yeux. C’est ce qu’on appelle un miracle. Et les preuves furent décisives.

Lorsque Jésus fils de Marie (u) fût envoyé aux enfants d’Israël, il soigna les lépreux, chose impossible pour les plus compétents des médecins de son époque. Il fut aussi en mesure d’informer les gens au sujet de leurs affaires personnelles entreposées chez-eux et dont personne n’avait connaissance. Par-dessus tout, il redonna la vie à certains morts par la permission de Celui qui l’avait envoyé[1].

De même, lorsque Muhammad (e) fut envoyé comme guide pour l’humanité, de nombreux miracles lui furent accordés. Certains eurent lieu de son vivant, d’autres se manifestaient dans  le fait qu’il soit au courant d’évènements passés et à venir. Mais surtout, il lui a été donné le Coran qui, nous expliquerons pourquoi un peu plus tard, est son miracle par excellence.

Pour résumer, depuis que l’homme peuple la terre, des guides lui ont été envoyés. Leur message informait ceux à qui il était destiné du sens de leur présence sur terre, de ce qu’ils avaient à y accomplir et comment ils devaient s’y prendre afin d’obtenir l’agrément de leur Créateur. Selon l’époque, le lieu et l’avancée de la civilisation des destinataires, ce message se faisait de plus en plus précis du point de vue des lois qu’il contenait. Cependant, il restait identique concernant le fait qu’ils devaient adorer leur Créateur – un Dieu Unique – sans jamais rien Lui associer, de quelque manière que ce soit. Ainsi, certains peuples eurent plusieurs prophètes et messagers, d’autres un seul. Mais, quoi qu’il en soit, tous eurent accès d’une manière ou d’une autre à la guidée divine.  Ensuite, lorsque l’humanité fut assez mature pour recevoir un message complet, englobant tous les aspects de sa vie, le dernier des guides lui fut envoyé. Parmi les caractéristiques de ce prophète, le fait qu’il fut envoyé à l’humanité toute entière et, afin que son message soit en mesure de traverser les époques, qu’il fut doté d’un miracle particulier dont nous reparlerons ultérieurement.

A ce stade de la discussion, une personne sensée est en droit de me reprendre en disant : « Désolé, ton discours ne tient pas la route. Tu utilises dans ton argumentation des histoires auxquelles je ne crois pas. Or, si j’y croyais, j’adopterais l’une des religions prêchées par ceux dont tu viens d’énoncer l’histoire ».

Cette remarque pertinente apporte d’elle-même des éléments de réponse supplémentaires à la question initiale qui nous a été posée. En effet, rien n’oblige une personne sensée à croire en un miracle qu’elle n’a pas vu. Et, hormis le cas où l’information lui serait transmise par une personne qu’elle estime définitivement digne de confiance, elle est en droit de la refuser.

Ici apparaît la limite de la portée de ce que nous avons précédemment appelé un miracle. En effet, admettons qu’un homme prétendant être envoyé par Dieu pour guider l’humanité t’apporte une preuve convaincante de ce qu’il avance, tu croiras en lui et accepteras de vivre selon ses préceptes. Et il en sera de même pour toutes les personnes honnêtes qui auront assisté à la réalisation de son miracle. Ensuite, s’ajouteront à ses partisans des gens qui n’auront pas vu le miracle en question mais qui te considèreront toi, ou les autres témoins des faits, comme des personnes dignes de confiance. Vous formerez ainsi une communauté alignée derrière le message d’un prophète. Ensuite, les générations se succédant, ceux qui avaient assisté au miracle auront disparu et les gens se diviseront en deux catégories. Ceux qui croient par conformisme en ce qui leur a été légué par leurs parents et leurs proches et ceux qui rejettent ces croyances en bloc les considérant comme des « légendes rapportées des anciens ». C’est de ce second groupe dont fait partie la personne sensée qui m’a interrompu dans ma démonstration avançant le fait qu’elle ne croyait pas en ces histoires dont je me sers pour argumenter.

Convenons de considérer ce qui suit comme un « cycle de la prophétie ». Lorsque l’homme est envoyé par Dieu à l’humanité, Il lui accorde d’accomplir des miracles. Ceux qui assistent à la réalisation de ses miracles croient en lui en tant que messager de Dieu et il en va de même pour tous ceux qui les considèrent comme dignes de confiance. Une communauté se forme autour de ce prophète qui enseigne aux gens le sens de leur vie ainsi que la façon dont ils doivent la mener afin que Celui qui les a créés soit Satisfait d’eux. C’est l’ensemble de ces enseignements que l’on appelle communément « religion ». Puis, les générations se succèdent. L’impact des miracles se dissipe et ce qui fut considéré comme une preuve décisive en son temps devient une « légende rapportée des anciens » à laquelle on n’accorde plus ou très peu d’importance. Quels qu’ils soient, les gens s’éloignent de fait de la religion. Entre ceux qui pratiquent par conformisme envers ce sur quoi ils ont trouvé leurs parents et les incrédules, les enseignements laissés par le Prophète sont délaissés, altérés, perdus ou modifiés par maladresse ou pour des intérêts mondains. De là,  bien qu’un éclat de lumière l’ait éclairée l’ombre d’un instant, l’humanité se tourne à nouveau vers le scepticisme et, éloignée de la guidée divine, ses questionnements quant à la raison de sa présence sur terre refont surface. Accomplissant ainsi ce que l’on a convenu d’appeler un cycle de la prophétie.

Suite à cet état, un nouveau prophète est envoyé. Il vient rétablir ce qui a été altéré du message de son prédécesseur, le purifier de ce qui y a été ajouté et l’enrichir de ce que Dieu aura voulu. Par cette action, la religion précédente est abrogée et c’est le dernier message apporté qui entre en application. Cependant, à l’avènement de ce nouveau prophète, certains partisans de son prédécesseur refuseront, pour différentes raisons, de le suivre et resteront sur leur religion. Bien qu’elle soit alors abrogée.

Par exemple, lorsque Jésus fils de Marie (u) à été envoyé aux enfants d’Israël, certains d’entre eux ont refusé de le suivre. Ils prétendaient suivre Moïse (u) et rester sur la religion apportée par celui-ci. De la, une communauté censée être unique s’est scindée en deux. D’un côté les juifs, de l’autre côté les chrétiens. Or, les derniers commandements divins accessibles à cette époque étant avec Jésus fils de Marie (u), il était le seul, à ce moment précis, en droit d’être suivi. De même, lorsque le prophète Muhammad (e) à été envoyé à l’humanité toute entière, certains juifs et certains chrétiens ont refusé de croire en lui. Ils prétendaient suivre leurs prophètes respectifs et rester sur la religion de ceux-ci. Or, les derniers commandements divins accessibles depuis cette époque étant avec le Prophète Muhammad (e), il était le seul en droit d’être suivi à ce jour. De plus, étant le dernier des prophètes et messagers, il en sera ainsi jusqu’à la fin des temps.

___

Bien que l’on puisse parfois avoir l’impression que plusieurs religions coexistent, il n’en est rien. La réalité est qu’une seule d’entre elles est agréée par Dieu et que les autres sont abrogées. Ceux qui refusent de délaisser une religion qui s’avère être abrogée le font soit parce qu’ils n’ont pas connaissance de ce fait[2], soit parce que c’est une étape qui leur semble difficile à surmonter, insurmontable[3] ou encore parce qu’ils pratiquent leur religion d’une façon conformiste, sans trop de conviction et, de ce fait, sans se poser trop de questions. D’autres raisons sont envisageables mais, même si loin d’être inintéressantes, elles sortent du cadre de cet écrit.

Après s’être posé la question de la création, puis celle du sens de la vie, chacun se doit de regarder objectivement ce sur quoi repose sa religion ou celles qu’on lui propose ici et là et de se questionner. « Sur quoi repose ma conviction que ma religion est la bonne ? »« Ai-je réellement réfléchi à ce sujet ? », « Quels sont mes arguments ?» Nous avons vu dans le cycle de la prophétie que le Créateur appuyait Ses messagers et leur accordait des preuves incontestables en mesure de convaincre. La vraie question est donc : « Y’a-t-il une religion qui puisse encore, de nos jours, se targuer d’être de source divine et de disposer de preuves à ce sujet ? » Si c’est le cas, son droit le plus élémentaire est que l’on y adhère.

___

 Epilogue

Nous voici donc arrivés à la fin de cette première partie. Dans l’espoir d’avoir contribué, à notre modeste niveau, à éclaircir certains points obscurs concernant les religions en général et l’Islam en particulier, nous espérons que vous avez trouvé sa lecture profitable. Si vous l’avez trouvée discutable de par ses manquements. Ceux-ci ne peuvent être attribués qu’à  l’auteur et à ses faiblesses. L’Islam en est totalement innocent.

Les parties à venir de « Quoi qu’en disent les vendeurs de lampes… » traiteront, entre autres, des questions suivantes :

« Pourquoi choisir l’Islam plutôt qu’une autre religion ? Existe-t-il des preuves de son authenticité ? »

« Si votre Dieu est Miséricordieux comme vous l’affirmez, pourquoi toutes ces guerres et ces innocents qui meurent ? »

« Même si l’homme peut-être considéré responsable, comment expliquez-vous le fait que des enfants meurent sans avoir profité de la vie alors qu’eux n’ont fait de mal à personne ?



[1] - C’est notamment à cause d’une mauvaise interprétation des miracles qui lui ont été donnés de faire que certains se sont mis à adorer Jésus fils de Marie (u). Or, à l’origine, ces miracles n’étaient que des signes destinés à prouver sa prophétie. Jésus fils de Marie n’est pas Dieu, mais l’un de Ses serviteurs et messagers.

[2] L’ignorance des faits peut être « simple », comme pour la personne n’ayant jamais entendu parler d’une autre religion que la sienne ou celle qui s’est posé des questions mais n’a pas eu l’occasion de rencontrer quelqu’un en mesure de lui répondre d’une manière convaincante; ou « exacerbée », comme pour la personne qui subit une propagande médiatique sans avoir pu au préalable se donner le temps de comparer les textes et les arguments de chacun afin de s’en faire une idée personnelle.

[3] Par crainte des critiques des proches, des réactions de l’entourage, de la difficulté à changer leurs mauvaises habitudes, etc.