• Mouhammed Ibn Jarir At-Tabary "Nombre de données : 4"

    Description résumée :Tabari s’appliqua à recueillir des propos puis à les consigner scrupuleusement tels qu’ils sont parvenus en mentionnant au préalable la chaîne de tous les transmetteurs. Le Coran ayant été révélé conformément aux normes de langue arabe, la connaissance des différentes constructions syntaxiques d’une même passage ; la langue arabe, langue de la Révélation.
    C’est une sommité dans l’histoire, le plus grand historien, commentateur du Coran, exégète et jurisconsulte. (intro. De l’auteur)

    Historien et commentateur du Coran de renommée mondiale, élargit la discipline et écrit un immense ouvrage sur l’histoire des différents peuples du monde musulman. Abou Dja’far Mohammed Ibn Djarir At-Tabari est né en 224/839 à Amoul dans le Tabaristan (d’où son nom je pense un peu comme Bokhary qui est originaire de la ville de Bokhara).

    Il commença très jeune à faire de solides études. Il quitta sa province natale pour rechercher la Science religieuse (’ilm) à Raiy et à Bagdad où il fut l’élève d’Ibn Hambal (voir mon article « mais qui était Ahmed ? »). Il fit aussi des séjours d’étude à Basra, à Koufa, en Egypte, en Syrie. De retour à Bagdad vers 255/870, il se consacra à l’enseignement et à la composition d’une ½uvre magistrale, il s’est ainsi imposé comme l’un des figures les plus représentatives du Savant (’alim) paisible, totalement voué à l’approfondissement, à l’enrichissement et à la diffusion de la pensée islamique.

    At-Tabari est particulièrement connût par deux ouvrages monumentaux « L’Histoire des Envoyés et des Rois » (Kitab akhbar al rousoul wal-moulouk) et les grand Commentaire du Coran « L’ensemble des preuves* dans le commentaires » (Djami’ Al Bayan fi tafsir Al-Qo’ran).

    Il nous a également laissé un Ta’rikh Al ridjal « L’histoire des hommes » où il donne des informations sur les autorités citées dans ses chaîne de garants (isnad**) ; et un livre Kitab ikthilaf Al fuqaha « Livre sur les controverses (divergences) des exégètes » où on peut vérifier sa compétence en matière de recherche personnelle (ijtihad).

    La composition du commentaire nécessitait une grande maîtrise de la grammaire et de la lexicographie arabes, de Hadiths et de la critique des Chaînes de garants du fiqh(jurisprudence musulmane) et de l’ensemble des informations (akhbar) relatives à la vie du Prophète(salut et bénédiction sur lui), à la naissance de l’Islam et à la culture religieuse du Proche-Orient.

    Le Commentaire dont on pourra mesurer la richesse, est comme l’Histoire, un aboutissement et un point de départ. Tabari a tiré profit de la majeure partie de la littérature diffuse entre 50 et 250 de l’Hégire environ. Il a exploitée avec souci de précision, de mise au point, de conciliation qui traduit une préoccupation de l’époque. Eliminer les divergences et les politiques singulières, Tabari a largement contribué à construire et faire triompher ce qui est devenu l’Orthodoxie sunnite.

    « A propos de ce livre, l’Imam Djalal Ad-Din As-Souyouti*** a dit dans son « Itqan » :
    « C’est le Tafsir « commentaire du Coran » le plus illustre et le plus important.» Ce Tafsir aborde les questions suivantes :
    -L’agencement des propos qui y sont cités(suivant un ordre qui les rend parfaitement intelligibles).
    -L’appréciation de la pertinence respective des ces propos.
    -La syntaxe désinentielle (i’tab).
    -La déduction (istinbat)

    C’est par tout cela que ce Tafsir surpasse tous les « tafsir » antérieurs. »

    An Nawawi**** a dit : « La Communauté des musulmans est unanime pour affirmer qu’aucun ouvrage comparable au Tafsir de Tabari(le commentaire du Coran) ne fut jamais composé. »

    Abou Hamid Al Isfarayni a dit : « Si un homme allait jusqu’en Chine pour trouver le Tafsir (commentaire du Coran) de Ibn Djarir At-Tabari cela serait peu de chose (compte tenu de la valeur de cet ouvrage). »

    Tabari ne se limite pas à l’essentiel. Il cite pratiquement tout ce qui a été dit avant lui sur chaque verset coranique. Il démontre ensuite la justesse de ces interprétations et montre la validité des propos qui les fondent tout en déterminant une certaine hiérarchie dans leur importance ou pertinence.

    Le plus souvent il ne rejette pas les autres points de vue qu’il considère comme autant de points de vue possibles mais plus particuliers et relativement secondaires par rapport à celui qu’il juge le plus juste.

    Le génie de Tabari sera d’organiser et d’agencer toutes les citations et de donner les explications nécessaires pour mettre en évidence les significations les plus fondamentales du texte coranique tout en soulignant les autres compréhensions possibles

    Il est mort à Bagdad en 310/923

    Qu’Allah lui fasse miséricorde !Amin!

    *l’auteur traduit « bayan » par « preuves » il est vrai que cela peut signifier preuves mais le sens dans ce cas ci est différent et les mots « évidences, lumières, arguments » seraient plus appropriés! « ensemble des arguments pour les commentaires et/ou explications du coran » serait une traduction plus proche du titre arabe à mon avis...wa llah ou’alam(soufiane)

    **L’isnad c’est-à-dire la chaîne de transmission est un outil de travail qu’utilisent les historiens, savants, spécialistes de l’islam pour faire l’analyse critique d’un texte attribué au Prophète (as) ou un récit historique...(soufiane)

    ***Souyouti est un savant ayant vécu au 15éme siècle un homme pour qui j’ai beaucoup de respect ! C’était un grand savant ! Qu’Allah lui accorde le Paradis ! Amin !

    ****Pour ceux et celles qui ne connaissent pas Anawawi faites vite ! Dépêchez-vous de le connaître ! Il est le célébre auteur du « Riyad Assalihin » (le jardin des vertueux) qui est un recueil de hadiths ! Magnifique livre ! Woulah ! Il a vécu au 13éme siècle.Vous devez le lire ! Rahimahoullah !(soufiane)

    Source : « Les savants musulmans oubliés de l’Histoire » du Docteur Hébri Bousserouel page 392 à 395 Edition Plume Universelle

Votre avis nous intéresse