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Description résumée

Mes très chers frères, personne n’ignore ce avec quoi Allah a comblé cette communauté islamique dans ce pays et dans d’autres, par cet élan béni et cet éveil plein de vitalité que l’on constate chez les jeunes de l’Islam. Et cette orientation saine est celle qui a pour but de parvenir à la législation islamique à travers le Livre d’Allah et la Sunnah de son messager. Aussi, il ne fait nul doute que ce réveil et ce dynamisme – comme tous les autres réveils et mouvements dynamiques qui sont bons et bénis – verront se dresser face à eux des ennemis. C’est pourquoi il a besoin d’un certains nombres d’éléments qui en feront un mouvement profitable et constructif par la permission d’Allah.

Détails

L’EVEIL ISLAMIQUE:
REGLES ET CONSEILS (PARTIE 1)




Ecrit par

MUHAMMAD IBN SÂLIH AL-CUTHAYMÎN


TRADUIT PAR

CABDULLAH AL-FARANSÎ


REVU ET CORRIGE PAR

L’EQUIPE ISLAMHOUSE


Publié par

Le bureau de prêche de Rabwah (Riyadh)


www.islamhouse.com
L’Islam à la portée de tous!

Préface de l’éditeur en version Arabe

La louange revient à Allah, nous Le louons, cherchons l’assistance auprès de Lui et Lui demandons le pardon. Et nous cherchons refuge auprès d’Allah contre le mal de nos âmes et contre nos mauvaises actions. Quiconque Allah guide, alors il n’y a personne qui puisse l’égarer, et quiconque Il égare, il n’y alors a personne pour le guider.

J’atteste qu’il n’y a rien qui mérite d’être adoré en dehors d’Allah, Seul et sans associé, et j’atteste que Muhammad est Son serviteur et Son messager. Qu’Allah le salue et le couvre d’éloges, lui, sa famille, ses compagnons ainsi que tous ceux qui les auront suivis dans le bien jusqu’au Jour des comptes.

Ce livre «L’éveil islamique: règles et conseils» a été imprimé à de nombreuses reprises depuis l’an 1414 h. et celui qui a pris soin de la première impression - et je l’en remercie – est le sheikh cAlî Ibn Husayn Abû Lûz – qu’Allah le rétribue en bien.

Et conformément aux règles, conseils et directives édictées par son excellence, notre sheikh Muhammad Ibn Sâlih Al-cUthaymîn (/), dans la manière de publier ses ouvrages et sa façon de les préparer à la diffusion, nous avons révisé le contenu du livre et l’avons harmonisé avec la copie originale qui avait été révisée par son excellence. Ainsi, cette version est la copie de référence de cet ouvrage.

Nous demandons à Allah le Très-Haut qu’Il fasse de ce travail [une œuvre] accomplie uniquement en vue de Son Noble Visage, qu’Il le rende bénéfique pour Ses serviteurs, qu’Il récompense de la meilleure des manières son excellence, notre sheikh et auteur de ce livre pour son service rendu à l’Islam et aux musulmans, et qu’Il l’accueille dans Ses vastes jardins [du Paradis]. Certes Il entend et Il est proche.

La louange est à Allah le Seigneur des mondes, et que la prière d’Allah, Sa salutation et Sa bénédiction soient sur notre prophète Muhammad, sa famille, ainsi que sur l’ensemble de ses compagnons.

Le comité scientifique de l’association de bienfaisance du sheikh Muhammad Ibn Sâlih Al-cUthaymîn.

Le 05/03/1424 de l’hégire.

* * *

Introduction de l’auteur

La louange revient à Allah, nous Le louons, Lui demandons le pardon, et cherchons refuge auprès de Lui contre les maux de nos âmes, et contre nos mauvaises actions. Quiconque Allah guide, alors il n’y a personne qui puisse l’égarer, et quiconque Il égare, il n’y a alors personne pour le guider

J’atteste qu’il n’y a rien qui mérite d’être adoré en dehors d’Allah, Seul et sans associé, et j’atteste que Muhammad est Son serviteur et Son messager. Allah (ـ) l’a envoyé avec la guidée et la religion de vérité. Il a transmis le message, honoré ses engagements, s’est montré loyal envers la communauté et a combattu pour Allah comme il se doit. Il a ainsi laissé sa communauté sur une preuve claire et limpide, sa nuit étant comme son jour. Nul ne s’en écarte sauf celui qui est voué à périr.

Ensuite lui ont succédé les califes bien-guidés de sa communauté, les guides religieux qui ont emprunté le droit chemin, ceux qui ont suivi la voie du messager d’Allah (ج) dans la croyance, l’adoration, le comportement, les transactions, la prêche à Allah () et le combat dans Son sentier. C’est ainsi qu’Allah, à travers eux, a montré le chemin et illuminé ce qui était obscur.

On trouve à leur tête Abû Bakr le véridique (س) puis cUmar, celui qui tranche entre le vrai et le faux (س), puis cUthmân, celui qui a reçu deux lumières (س), puis cAlî Ibn Abî Tâlib (س) à qui le prophète (ج) a annoncé lorsqu’il l’a envoyé à Khaybar: «Rends-toi doucement à leur rencontre, jusqu’à ce que tu arrives sur leurs terres, puis appelle-les à l’Islam et informe-les des devoirs qu’ils ont envers Allah [dans cette religion]. Car par Allah, qu’Allah guide par ta cause un seul homme est bien meilleur pour toi que de posséder des chamelles rousses [1]».

Mes très chers frères, personne n’ignore ce avec quoi Allah a comblé cette communauté islamique dans ce pays et dans d’autres, par cet élan béni et cet éveil plein de vitalité que l’on constate chez les jeunes de l’Islam si l’on considère le cap vers lequel ils se sont orientés. Et cette orientation saine est celle qui a pour but de parvenir à la législation islamique à travers le Livre d’Allah et la Sunnah de son messager (ج).

Aussi, il ne fait nul doute que ce réveil et ce dynamisme – comme tous les autres réveils et mouvements dynamiques qui sont bons et bénis – verront se dresser face à eux des ennemis. En effet, dès lors que la lumière de la vérité devient ardente, le feu du faux s’attise. Cependant, «ils veulent éteindre de leurs bouches la lumière d’Allah, alors qu’Allah parachèvera Sa lumière en dépit de l’aversion des mécréants [2]».

En outre, le réveil islamique dont nous faisons le constat chez nos jeunes hommes et femmes – et qu’Allah en soit Loué – ne se restreint pas exclusivement à notre pays, mais se retrouve également dans toutes les contrées islamiques. Aussi, il a besoin d’un certains nombres d’éléments qui en feront un mouvement profitable et constructif par la permission d’Allah (ـ).

Dans ce qui suit, je vais clarifier – en demandant l’aide d’Allah – ces éléments et ces règles pour permettre à ce renouveau d’être un succès et d’être bénéfique et constructif par la permission d’Allah (ـ). Et je demande à Allah (ـ) qu’Il y mette la lumière et qu’Il en fasse un argument en faveur de son auteur, son lecteur et de l’ensemble des musulmans [le jour du Jugement].

L’auteur.

* * *

[1] Rapporté par Al-Bukhârî (2946) et Muslim (2406). [2] S. 61, v. 8.

Première partie: Règles essentielles au succès de l’éveil

Règle n°1: se cramponner au Livre et à la Sunnah

Mes chers frères! Cet éveil, grâce à Allah, est général et il englobe tous les pays islamiques, comme il nous est fait écho de cela. Néanmoins, il est nécessaire que cet éveil s’appuie sur une base solide qui se constitue du livre d’Allah et de la Sunnah (tradition) du prophète (ج). Et s’il ne repose pas sur ceci, cet éveil sera tel une tornade qui anéantit ou qui anéantira certainement plus qu’elle n’édifie alors que s’il est basé sur le livre d’Allah et la Sunnah de Son messager (ج), qui sont des sources immuables, son impact sur la communauté islamique et sur le reste du monde sera d’autant plus déterminant.

Et nous connaissons tous le long récit qui relate l’arrivée d’Abû Sufyân au pays du Shâm (l’Assyrie) pour y rencontrer le roi chrétien de l’époque Héraclius. Alors qu’il était encore mécréant à cette époque, il décrit à Héraclius comment le prophète (ج) adorait Allah, son abandon des idoles, ses nobles caractères et son attitude, son honnêteté et son intégrité ainsi que divers autres aspects de la législation islamique. A ce moment, Héraclius répondit à Abû Sufyân: «Si ce que tu affirmes est vrai, alors viendra un jour où il sera à la tête de ce qui se trouve sous mes deux pieds [3]».

Qui aurait pu penser cela du prophète (ج), alors que les arabes ne s’étaient pas encore ralliés à Sa cause et que, bien loin de cette perspective, il était toujours en exil de la Mecque et ne l’avait pas encore conquise! Qui aurait pu réellement espérer qu’un roi comme Héraclius puisse dire au beau milieu des siens: «Si ce que tu affirmes est vrai, alors viendra un jour où il sera à la tête de ce qui se trouve sous mes deux pieds»?

Et est-ce que ce que le pressentiment d’Héraclius s’est finalement réalisé ou non?! Est-ce que le prophète (ج) a effectivement conquis ce qui se trouvait sous les pieds d’Héraclius – c’est-à-dire le pays du Shâm – ou non?

On peut en effet s’interroger: comment a-t-il conquis la région du Shâm alors que cette terre n’était point encore conquise lorsqu’il décéda?!!

La réponse est que le prophète (ج) a bel et bien conquis la région qui se trouvait sous les pieds d’Héraclius, mais il l’a fait par le biais de son prêche et non de sa propre personne. En effet, son appel est parvenu jusqu’à cette terre et a balayé sur son passage les idoles et le polythéisme. Puis, ce sont les califes bien-guidés qui y ont régné après Muhammad (ج) perpétuant ainsi sa prêche et sa législation.

Aussi, nous disons que si la communauté islamique revenait vraiment à la religion d’Allah, que si ses dirigeants et ses administrés y retournaient réellement, en prenant les croyants pour alliés et les mécréants pour ennemis, alors ils règneraient en maîtres sur terre, en orient comme en occident. Non pas parce qu’ils seront secourus à cause de leur nationalisme ou leurs individualités, pas non plus par leur affiliation à une tribu particulière. Non, ils triompheront par le fait qu’ils aient appliqué la religion d’Allah (). Or Allah (ـ) s’est porté garant du fait qu’Il ferait prévaloir Sa religion sur toutes les autres religions, en disant:

هُوَ الَّذِي أَرْسَلَ رَسُولَهُ بِالْهُدَى وَدِينِ الْحَقِّ لِيُظْهِرَهُ عَلَى الدِّينِ كُلِّهِ وَلَوْ كَرِهَ الْمُشْرِكُونَ٩﴿ [الصف: 9].

«C’est Lui qui a envoyé Son messager avec la guidée et la religion de Vérité, pour la faire triompher sur toute autre religion, en dépit de l’aversion des associateurs [4]»

Et pour que cette religion triomphe, il faut nécessairement que ceux qui s’y attachent triomphent.

Ô mes frères, sachez que si cette prise de conscience qui réveille la jeunesse musulmane de nos jours ne s’établit pas sur le livre d’Allah et la Sunnah de Son messager (ج), elle finira telle une tornade incontrôlable, qui, comme il est à craindre, occasionnera plus de dégâts qu‘elle ne construira.

Aussi, il est judicieux de se poser la question: comment retourner au livre d’Allah et à la Sunnah de Son messager (ج)? La réponse est la suivante:

Premièrement: Retourner au livre d’Allah

Ceci se manifeste par le fait que les musulmans s’empressent de méditer sur le livre d’Allah (), puis de mettre en pratique les règles qu’il contient. Allah dit en effet:

كِتَابٌ أَنْزَلْنَاهُ إِلَيْكَ مُبَارَكٌ لِيَدَّبَّرُوا آيَاتِهِ وَلِيَتَذَكَّرَ أُولُو الْأَلْبَابِ٢٩﴿ [ص: 29].

«[Voici] un Livre béni que Nous avons fait descendre vers toi, afin qu’ils méditent sur ses versets et que les doués d’intelligence se rappellent! [5]»

«...Afin qu’ils méditent sur ses versets...»: la méditation des versets conduit à la compréhension du sens.

«...Et que les doués d’intelligence se rappellent!»: et le rappel est la mise en pratique de ce Coran.

C’est dans ce sens et en vue de la réalisation de cette sagesse que le Coran a été révélé. Et puisque c’est pour cela qu’il a été révélé, retournons donc au Livre afin de méditer dessus et d’en connaître les sens puis mettons en pratique ce avec quoi il est venu. Par Allah, il contient le bonheur de la vie terrestre et de l’au-delà! Allah (ـ) dit à ce sujet:

فَمَنِ اتَّبَعَ هُدَايَ فَلَا يَضِلُّ وَلَا يَشْقَى١٢٣ وَمَنْ أَعْرَضَ عَنْ ذِكْرِي فَإِنَّ لَهُ مَعِيشَةً ضَنْكًا وَنَحْشُرُهُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ أَعْمَى١٢٤﴿ [طه: 123-124].

«Quiconque suit Mon guide ne s’égarera ni ne sera malheureux. Et quiconque se détourne de Mon Rappel mènera certes une vie pleine de gêne, et le Jour de la Résurrection Nous l’amènerons aveugle au rassemblement [6]

C’est pour cette raison que tu ne trouveras jamais personne de plus comblé, de plus épanoui, et de plus apaisé dans son cœur que le croyant, et ce même s’il advenait qu’il soit pauvre. Le croyant est la personne la plus à l’aise, la plus tranquille, et celle dont le for intérieur est le plus ample. Lisez si vous le voulez la parole d’Allah (ـ):

مَنْ عَمِلَ صَالِحًا مِنْ ذَكَرٍ أَوْ أُنْثَى وَهُوَ مُؤْمِنٌ فَلَنُحْيِيَنَّهُ حَيَاةً طَيِّبَةً وَلَنَجْزِيَنَّهُمْ أَجْرَهُمْ بِأَحْسَنِ مَا كَانُوا يَعْمَلُونَ٩٧﴿ [النحل: 97].

«Quiconque, mâle ou femelle, fait une bonne œuvre tout en étant croyant, Nous lui ferons vivre une bonne vie. Et Nous les récompenserons, certes, en fonction des meilleures de leurs actions [7]

En quoi consiste une bonne vie? Est-ce une abondance de richesses? Ou bien un grand nombre d’enfants? Ou encore vivre dans un pays en sécurité?

Non! Une bonne vie consiste à ce que la poitrine soit épanouie et à ce que le cœur soit apaisé. Ainsi, même si un individu subit une épreuve difficile, il aura en dépit de cela un cœur serein et une poitrine dégagée.

Le prophète (ج) a dit: «Comme l’affaire du croyant est réjouissante! Tout ce qui lui arrive est un bien pour lui; et cela n’est réservé qu’au seul croyant. Si un bonheur l’atteint, il fait preuve de gratitude et c'est un bien pour lui ; et si un malheur le frappe, il fait preuve de patience et c'est un bien pour lui [8]».

Lorsque l’adversité touche le mécréant, se montre t’il patient?… Non, il s’attriste et la vie d’ici-bas le remplit de gêne, le conduisant parfois même à mettre fin à ses jours. Quant au croyant, il reste patient et goûte aux délices de sa patience de sorte qu’il reste épanoui et apaisé. C’est en ce sens que sa vie est bonne, et c’est ainsi que la parole d’Allah (ـ): «Nous lui ferons vivre une bonne vie» fait allusion à la vie du cœur et de l’âme.

Certains historiens, qui ont relaté la biographie de l’érudit Ibn Hajar (/), ont mentionné qu’il représentait la plus haute autorité de la magistrature en Egypte à son époque. Et lorsqu’il se rendait sur son lieu de travail, il était transporté par une calèche tirée par des chevaux et des mules, entourés d’une escorte. Un jour en Egypte, il passa devant un homme juif, marchand d’huile de profession – et il était habituel pour les marchands d’huile à cette époque de porter des vêtements sales – qui interpella sa chevauchée en l’arrêtant. Celui-ci dit à Ibn Hajar (/):

- «Votre prophète affirme: «La vie terrestre est la prison du croyant et le paradis du mécréant [9]». Or tu es le juge suprême d’Egypte, te voila accompagné de cette escorte, et tu vis dans ce bonheur alors que moi – le juif parle de sa propre personne – je vis dans la souffrance et dans le malheur».

- L’érudit Ibn Hajar (/) répondit alors: «Je vis dans ce luxe et ces délices, s’il convient de considérer cela ainsi, comme dans une prison en comparaison aux délices du Paradis. Quant à toi, la misère dans laquelle tu te trouves, en comparaison au châtiment du feu, est comme un Paradis».

- Suite à quoi, le juif dit: «J’atteste qu’il n’y a de divinité digne d’être adorée en dehors d’Allah et j’atteste que Muhammad est le messager d’Allah» et devint musulman.

En somme, le croyant est dans le bien quoiqu’il advienne, et c’est lui qui est gagnant dans la vie d’ici-bas et celle de l’au-delà. Quant au mécréant, il est dans le mal, et il est perdant ici-bas et dans l’au-delà.

Allah (ـ) dit à ce propos:

وَالْعَصْرِ١ إِنَّ الْإِنْسَانَ لَفِي خُسْرٍ٢ إِلَّا الَّذِينَ آمَنُوا وَعَمِلُوا الصَّالِحَاتِ وَتَوَاصَوْا بِالْحَقِّ وَتَوَاصَوْا بِالصَّبْرِ٣﴿ [العصر: 1-3].

«Par le Temps! L’homme est certes, en perdition, sauf ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres, s’enjoignent mutuellement la vérité et s’enjoignent mutuellement l’endurance [10]».

C’est ainsi que les mécréants et ceux qui ont délaissé la religion d’Allah et se sont égarés dans leurs jouissances et leur luxe – malgré le fait qu’ils bâtissent et édifient des palais et que la vie d’ici-bas leur soit prospère – vivent en réalité un enfer. Ceci est tellement vrai que certains anciens pieux ont dit: «Si les gouverneurs et leurs enfants savaient dans quel bonheur nous vivons, ils nous auraient flagellé pour cela avec leurs épées!».

Quant aux croyants, ils sont comblés de bonheur de par leur intimité avec Allah et Son évocation et ils se soumettent à Son décret. Ainsi, si un malheur les frappe, ils se montrent patients, et si un bonheur les touche, ils font preuve de gratitude. Ils sont donc dans la plus grandes des jouissances, contrairement aux amoureux de cette vie terrestre qui sont comme Allah les a décrits:

فَإِنْ أُعْطُوا مِنْهَا رَضُوا وَإِنْ لَمْ يُعْطَوْا مِنْهَا إِذَا هُمْ يَسْخَطُونَ﴿ [التوبة: 58].

«S’il leur en est donné, les voilà contents ; mais s’il ne leur en est pas donné, les voilà pleins de rancœur [11]».

Ô mes frères…Nous avons le livre d’Allah à notre disposition. Retournons-y, méditons-le et mettons en pratique ce qu’il contient!

* * *

- Deuxièmement: Retourner à la Sunnah (la tradition prophétique)

La Sunnah du messager est immuable et elle est à notre disposition, et c’est à Allah que revient la louange toute entière. Elle est préservée [jusqu’à nos jours], et ceci est tellement vrai que même ce qui a été mensongèrement attribué au messager (ج) est également à notre disposition. De fait, les gens de science ont établi une claire ségrégation entre ses éléments authentiques et ceux qui lui ont faussement été attribués. Ainsi, grâce à Allah, la Sunnah est sauvegardée et reste manifeste. N’importe quel individu peut y accéder soit en effectuant une recherche dans les livres s’il en a l’opportunité, ou bien en interrogeant les gens de science.

Néanmoins, si un individu perplexe s’interroge: «Comment pouvons nous concilier entre ce que vous avez mentionné à propos du retour au livre d’Allah et à la tradition de Son messager (ج) et le fait que nous trouvons des gens qui suivent les ouvrages écrits des écoles de jurisprudence et qui se revendiquent d’une telle école de pensée, ou d’une autre?! Au point où même lorsqu’on leur rapporte un verdict religieux appuyé par la parole du prophète (ج), ils répondent que leur école de pensée est Hanafite, ou Mâlikite, ou bien Shâficite ou encore Hanbalite etc.»?!

La réponse à cela consiste à leur dire que nous attestons unanimement qu’il n’y a rien qui mérite d’être adoré en dehors d’Allah et que Muhammad est le messager d’Allah.

Mais que signifie donc l’attestation que Muhammad est le messager d’Allah?

Les savants l’ont expliquée de cette manière: «Il s’agit de lui obéir dans ce qu’il a ordonné, de s’éloigner de se qu’il a interdit et réprouvé, de le croire dans les informations qu’il nous a transmises, et de n’adorer Allah qu’avec ce qu’il a légiféré». Ceci est le sens de l’attestation que Muhammad est le messager d’Allah.

Et si un individu déclare:

- «Mon école de pensée est celle-ci ou celle-là»,

- Nous lui répondons: «Ceci est la parole du messager (ج), ne la confronte donc pas avec celle d’autrui. Même les imams des écoles de pensée interdisent le fait de les suivre aveuglément et disent tous que «dès que la vérité se manifeste, il devient obligatoire d’y adhérer».

Aussi dirons-nous à ce frère qui chercherait à nous contredire en utilisant l’école de pensée d’untel ou d’untel: «Nous attestons tout comme toi que Muhammad (ج) est le messager d’Allah. Or, cette attestation implique que nous ne suivions que lui (ج) et personne d’autre. Or, la tradition du prophète (ج), qui demeure à notre disposition, est claire et limpide».

Toutefois, cela ne signifie en aucun cas qu’il faille sous-estimer l’importance de revenir aux livres des savants de la jurisprudence et aux hommes de science. Bien au contraire, revenir à leurs ouvrages pour en tirer profit et comprendre la méthode avec laquelle ils ont utilisé les preuves pour en tirer des règles fait partie des aspects absolument indispensables dans la quête de la science.

Et c’est d’ailleurs pour cette raison que nous retrouvons une multitude d’erreurs chez certaines personnes qui n’ont pas appris la science auprès des savants. En effet, ceux-ci ont déplorablement restreint leur champ de vision. Par exemple, ils se réfèrent au recueil authentique d’Al-Bukhârî, en se contentant uniquement de cela, et utilisent les hadiths qui s’y trouvent malgré le fait qu’il y ait dans ces hadiths certains à la portée générale et d’autres spécifiques, d’autre à la valeur absolue et d’autres restreints, et un petit nombre qui ont été abrogés. Mais ces personnes ne disposent d’aucun moyen pour accéder à ces éléments d’information, ce qui ne manque pas de les égarer profondément.

Quoiqu’il en soit mes frères, l’essentiel est que nous édifions notre ferveur et notre éveil sur deux bases fondamentales: le livre d’Allah, et la Sunnah de Son messager (ج), et que nous ne donnions la préséance à aucune parole d’autrui sur la sienne, quel qu’il soit.

* * *

[3] Rapporté par Al-Bukhârî. [4] S. 61, v. 9. [5] S. 38, v. 29. [6] S. 20, v. 123-124. [7] S. 16, v. 97. [8] Rapporté par Muslim. [9] Conformément au hadith rapporté par Muslim. [10] S. 103, v. 1-3. [11] S. 9, v. 58.

Règle n°2: la science et la clairvoyance

La science fait partie des bases autour desquelles doit s’articuler cet éveil islamique. On entend par-là: la connaissance de la législation d’Allah (), recueillie essentiellement à partir des deux sources fondamentales que sont le livre d’Allah et la Sunnah de Son messager (ج). Conformément à la parole d’Allah (ـ):

وَأَنْزَلْنَا إِلَيْكَ الذِّكْرَ لِتُبَيِّنَ لِلنَّاسِ مَا نُزِّلَ إِلَيْهِمْ﴿ [النحل: 44].

«Et vers toi, Nous avons fait descendre le Coran, pour que tu exposes clairement aux gens ce qu’on a fait descendre pour eux [12]»

Et comme l’illustre Sa (ـ) parole:

وَأَنْزَلَ اللَّهُ عَلَيْكَ الْكِتَابَ وَالْحِكْمَةَ وَعَلَّمَكَ مَا لَمْ تَكُنْ تَعْلَمُ وَكَانَ فَضْلُ اللَّهِ عَلَيْكَ عَظِيمًا﴿ [النساء: 113].

«Allah a fait descendre sur toi le Livre et la Sagesse, et t’a enseigné ce que tu ne savais pas. Et la grâce d’Allah sur toi est immense [13]».

Ainsi la science constitue le fondement et la matière de la prédication. Et il est strictement impossible que celle-ci s’accomplisse de la manière qui satisfait Allah () autrement qu’en étant basée sur la science. A cet effet, Al-Bukhârî (/) a intitulé l’un des chapitres de son recueil authentique de hadiths comme suit: «Chapitre: la science précède la parole et l’action» en se référant à la parole du Très-Haut: «Sache donc qu’en vérité il n’y a point de divinité à part Allah et implore le pardon pour ton péché [14]».

En conséquence, toute prêche effectuée sans science est vouée à contenir une part de déviation et d’égarement. C’est pour cela que le prophète (ج) a mis en garde contre ce phénomène, qui se multipliera lorsque les savants viendront à disparaître, ne laissant derrière eux que des dirigeants ignorants qui donnent des verdicts religieux sans science, et qui par là s’égareront et égareront les autres [15].

On observe beaucoup de nos frères qui portent en eux cette ferveur, portés par ces sentiments islamiques – et nul doute que ceci est un bien, car sans enthousiasme ni ardeur, il n’y aura pas de prise d’initiative. Cependant, ce sentiment n’est pas suffisant en lui-même. Il est indispensable qu’il s’accompagne de science sur laquelle les gens fondent leurs actes ainsi que leur prêche. Cette pour cette raison que le prophète (ج) a dit: «Transmettez de moi, ne serait-ce qu’un verset [16]». Or, il nous est seulement possible de transmettre ce que l’on connaît de sa religion. En effet, sa parole «Transmettez de moi» signifie qu’il nous a délégué la mission de transmettre ce qui est venu de lui.

Il incombe donc au prêcheur d’appeler les gens avec savoir, un savoir correct qui se fonde sur le livre d’Allah et la Sunnah de Son messager (ج), car toute science acquise en dehors de ces deux références doit d’abord leur être confrontée [pour en attester de sa conformité]. Après avoir été confrontée, elle sera soit en concordance ou bien en contradiction. Si elle concorde, elle sera alors acceptée. Dans le cas contraire, elle sera rejetée et renvoyée à son énonciateur, quel qu’il soit. En effet, il a été rapporté de manière authentique d’Ibn cAbbâs (ب) qu’il a dit: «Peu s’en faut pour que des pierres ne vous tombent du ciel. Je vous dis: «Le messager d’Allah a dit.» et vous me dites: «Abû Bakr et cUmar ont dit…»!».

S’il en est ainsi de la parole d’Abû Bakr et cUmar lorsqu’on l’oppose à celle du messager d’Allah (ج), alors que pensez-vous de celle d’un individu qui n’a pas atteint leur niveau de science et de piété, et qui n’a pas eu la même proximité avec le prophète (ج) ni atteint le rang de calife! Nul doute que la parole de ces individus, lorsqu’elle contredit le livre d’Allah et la tradition de Son messager (ج) sera encore plus évidemment rejetée. A cet effet, Allah () a dit:

فَلْيَحْذَرِ الَّذِينَ يُخَالِفُونَ عَنْ أَمْرِهِ أَنْ تُصِيبَهُمْ فِتْنَةٌ أَوْ يُصِيبَهُمْ عَذَابٌ أَلِيمٌ﴿ [النور: 63].

«Que ceux, donc, qui s’opposent à son commandement prennent garde qu’une épreuve ne les atteigne, ou que ne les atteigne un châtiment douloureux [17]».

L’imam Ahmad (/) a dit: «Sais-tu ce qu’est cette épreuve? Cette épreuve est le polythéisme («shirk»). Si jamais quelqu’un rejette une partie de Sa parole, il se peut que son cœur soit atteint d’une déviation qui le conduira ainsi à sa perte».

Quant au prêche mené sans science, il est basé sur l’ignorance. Or, le prêche effectué avec ignorance est plus nuisible que profitable.

Et pour cause, le prédicateur s’est érigé en initiateur et en guide, et s’il s’avère être ignorant, alors il sera égaré et source d’égarement – qu’Allah nous en préserve. Et dans ce cas, son ignorance sera alors une ignorance exacerbée [18]. Et cette forme est plus marquée que l’ignorance ordinaire, car l’ignorance ordinaire conduit l’individu à faire preuve de retenue et à ne pas se prononcer, et il est d’ailleurs possible que celle-ci se dissipe par l‘apprentissage. Mais le cœur du problème réside bel et bien dans l’individu qui fait preuve d’une ignorance exacerbée car celui-ci ne peut s’empêcher de parler, il s’exprime en toute circonstance fut-ce sans science et constitue une source de destruction plus que d’éclaircissement.

Ô mes frères, la prêche à Allah sans science est contraire à ce sur quoi était le prophète (ج) et ceux qui l’ont suivi. Ecoutez donc la parole d’Allah (ـ) lorsqu’Il a ordonné à Son prophète:

قُلْ هَذِهِ سَبِيلِي أَدْعُو إِلَى اللَّهِ عَلَى بَصِيرَةٍ أَنَا وَمَنِ اتَّبَعَنِي وَسُبْحَانَ اللَّهِ وَمَا أَنَا مِنَ الْمُشْرِكِينَ١٠٨﴿ [يوسف: 108].

«Dis: «Voici ma voie, j’appelle les gens à [la religion] d’Allah, moi et ceux qui me suivent, nous basant sur une clairvoyance. Gloire à Allah! Et je ne suis point du nombre des associateurs [19]».

Il a bien dit: «J’appelle les gens à [la religion] d’Allah, moi et ceux qui me suivent, nous basant sur une clairvoyance». Autrement dit, ceux qui l’ont réellement suivi doivent de manière inconditionnelle appeler à Allah avec science et non pas avec ignorance. Médite, Ô toi prêcheur, la parole d’Allah (ـ): «sur une clairvoyance». Trois aspects sont à retenir:

- Premièrement: être clairvoyant vis-à-vis de ce à quoi on appelle.

Cela consiste à détenir un savoir du jugement religieux de l’acte auquel on invite. Sinon, il est possible qu’on appelle à une chose qu’on considère obligatoire alors que dans les faits, elle ne l’est pas religieusement, et qu’ainsi, on impose aux serviteurs d’Allah ce qu’Allah ne leur a pas imposé. Et à l’inverse, il se peut qu’on appelle au délaissement d’un acte qu’on considère interdit, alors qu’il ne l’est pas dans la religion d’Allah, rendant ainsi illicite aux serviteurs d’Allah ce qu’Allah leur a permis.

Nous avons entendu des individus appeler au renoncement de toute chose nouvelle, quand bien même cette nouveauté répondait à un réel besoin, et n’était pas préjudiciable du point de vue de la législation. Par exemple, certains ont ordonné de ne pas écouter le Coran à partir d’un magnétophone! Mais pour quelle raison? Ils répondront que ceci n’était pas d’usage à l’époque du prophète (ج) et de ses compagnons, et qu’il s’agit donc d’une innovation. Or le messager d’Allah (ج) a dit: «Toute innovation est égarement [20]».

Ainsi, de tels individus ont appelé à Allah sans preuve évidente dans ce à quoi ils appellent. En effet, le magnétophone est uniquement un moyen pour enregistrer la voix écoutée. Or, les moyens ne peuvent être considérés comme des objectifs puisqu’en religion, les moyens prennent le jugement des objectifs qu’ils servent [21].

De la même manière, y avait-il au temps du prophète (ج) des bibliothèques ou des maisons d’édition qui imprimaient les livres, et des placards ou des entrepôts pour les stocker? La réponse est non. Il n’y avait pas non plus à son époque de calendrier [pour compter les jours] et c’est bien cUmar Ibn Al-Khattâb (س) qui, le premier, a mis en place un système de datation en l’an 16 h. Cela nous conduit-il à qualifier l’utilisation de ce système de datation comme étant une innovation religieuse illicite? Non.

En conséquence, il nous est obligatoire de prêcher avec clairvoyance ce à quoi on appelle.

Certains, à l’opposé de cela, exagèrent dans ce genre d’affaires et appellent par exemple à ce que l’on fasse tourner une cassette enregistrée de l’appel à la prière que l’on diffuse via le microphone pour qu’elle fasse [automatiquement] l’adhân. Cette catégorie de personnes prône un avis diamétralement opposé à celui des premiers cités. Et ces derniers ne souhaitent pas nous voir adorer Allah (ـ) en faisant l’appel à la prière, mais n’utilisent ce prétexte qu’afin que les gens puissent entendre la voix d’un mu’adhhin [22] [de leur choix] qui parfois même est décédé, et ceci constitue également une erreur.

Pour résumer: il est impératif que l’individu prêche en ayant une bonne connaissance de ce à quoi il appelle.

Il existe par ailleurs certaines personnes qui s’imaginent qu’une chose soit obligatoire, en se basant probablement sur un effort de compréhension erroné de leur part. Si seulement ils pouvaient se cantonner à cela…Le problème est qu’ils vont faire de cette conviction – qui ne repose que sur une interprétation ou sur une présomption de leur part et qui n’a aucun fondement – un moyen pour s’allier aux autres ou se désavouer d’eux. Et c’est là qu’est tout le problème!! Et si une personne n’est pas d’accord avec leur opinion – malgré le fait qu’elle soit fausse si l’on se fie au Livre et à la Sunnah – ils la haïront et la détesteront. Tandis que si elle est d’accord avec eux, ils l’aimeront, et ce sans tenir compte des innovations commises par cette personne. L’ennui, c’est que lorsqu’elle a adopté le même avis qu’eux, ils se sont mis à l’apprécier, et cela est le vrai problème!!

Je n’ai pas envie de mettre les points sur les «i» à propos de ce sujet en particulier, car il est bien connu chez la plupart des jeunes. Ainsi, une partie d’entre eux se sont alliés avec untel et se sont désavoués d’un autre. Et s’ils se sont alliés avec untel, c’est parce qu’il leur a donné un verdict religieux en conformité avec ce qu’ils considèrent être la vérité, et s’ils se sont désavoués d’un autre, c’est uniquement dû au fait qu’il leur a émis un verdict opposé à ce qu’ils pensent être la vérité. Or ceci est une erreur.

Aussi, le mufti ne délivre pas de fatwâ (verdict religieux) en vue d’obtenir l’éloge des gens, ou afin d’être aimé ou détesté auprès d’eux. Non, il ne fait cela qu’en fonction de ce qu’il juge être la législation d’Allah, car au final, au nom de qui s’exprime-t-il? Il s’exprime au nom de la religion d’Allah () et de ses règles. C’est pourquoi le mufti doit savoir où il met les pieds avant de s’aventurer quelque part, et il doit s’assurer que l’avis qu’il va émettre n’est autre que celui de la législation, car il se fait le porte-parole de la loi d’Allah. En résumé, ce qui importe est que le prêche se fasse avec science.

- Deuxièmement: connaître la condition de celui qu’on invite.

Lorsque le prophète (ج) a envoyé Mucâdh au Yémen, que lui a-t-il dit? Il lui a dit: «Tu vas te rendre chez un peuple des gens du Livre [23]». Et ceci afin qu’il connaisse leur situation et qu’il se prépare à leur rencontre.

Invites-tu un individu sans avoir connaissance de sa condition? Il n’est pas impossible que celui-ci possède une science qui, bien qu’erronée, te laissera perplexe dès la première confrontation, même si la vérité est avec toi.

Aussi, il t’est donc nécessaire de bien cerner la personne que tu invites, d’évaluer son niveau de connaissance et sa capacité à débattre, pour te tenir prêt à débattre avec elle. En effet, en rentrant en polémique avec ce type de personne, il se peut qu’elle remporte le débat grâce à sa capacité à débattre [et non pas à cause du fait qu’elle détienne la vérité]. Ainsi, il résultera de cela un échec retentissant pour la vérité, et tu en seras le responsable. Et ne t’imagine pas que celui qui prend le faux pour allié échoue en permanence, car le messager (ج) a dit: «Certes vous venez vous disputer auprès de moi et, il se peut que certains d’entres vous soient plus éloquents que d’autres dans leur argumentation, et que je tranche ainsi en leur faveur selon ce que j’entends de leur part. Ainsi, quiconque obtient de ma part un jugement qui prive son frère de son droit, qu’il ne prenne pas ce droit, car je ne fais en vérité que lui tailler un morceau du feu (de l’enfer) [24]». Ceci prouve bien qu’une des deux parties, même si elle s’appuie sur le faux, est capable d’obtenir un jugement en sa faveur grâce au fait qu’elle soit plus habile que son opposant dans l’argumentation. Il t’appartient donc de bien connaître la condition des personnes visées par ton prêche.

- Troisièmement: connaître la manière de prêcher.

Cet aspect fait défaut chez certains prêcheurs. Certains d’entre eux sont pleins d’attachement à leur religion, de ferveur et d’entrain mais peinent à se contenir pour accomplir ce qu’ils souhaitent mettre à exécution. Ainsi, ils appellent à Allah sans faire preuve de sagesse, alors qu’Allah (ـ) a dit:

ادْعُ إِلَى سَبِيلِ رَبِّكَ بِالْحِكْمَةِ وَالْمَوْعِظَةِ الْحَسَنَةِ وَجَادِلْهُمْ بِالَّتِي هِيَ أَحْسَنُ﴿ [النحل: 125].

«Par la sagesse et la bonne exhortation appelle (les gens) au sentier de ton Seigneur. Et discute avec eux de la meilleure façon [25]».

Cependant, ce prêcheur plein de bonne volonté dont Allah a rempli le cœur de jalousie protectrice envers sa religion, ne parvient pas à se maîtriser. Et aussitôt qu’il constate un mal, il fond dessus tel un rapace sur sa proie, sans mesurer les conséquences de son acte, non seulement sur lui mais également sur ses semblables parmi les prêcheurs à la vérité. Et vous savez que, la vérité a des ennemis, comme le dit Allah (ـ):

وَكَذَلِكَ جَعَلْنَا لِكُلِّ نَبِيٍّ عَدُوًّا مِنَ الْمُجْرِمِينَ﴿ [الفرقان: 31].

«C’est ainsi que Nous fîmes à chaque prophète un ennemi parmi les criminels [26]

Ainsi, le prêche de tout prophète aura à affronter des criminels qui seront ses ennemis. C’est pour cette raison que le prêcheur doit mesurer les conséquences de ses actes et jauger la situation. En se mettant en colère, il trouvera peut-être à cet instant un exutoire pour éteindre la flamme de sa jalousie protectrice mais s’il fait preuve de retenue et de sagesse, cela apaisera l’ardeur de sa colère et celle d’autrui dans le futur, qui pourrait bien être proche.

Pour ces raisons, j’encourage me frères prêcheurs à ne pas se précipiter et à faire preuve de sagesse, puisqu’ils savent bien qu’Allah (ـ) a dit:

يُؤْتِي الْحِكْمَةَ مَنْ يَشَاءُ وَمَنْ يُؤْتَ الْحِكْمَةَ فَقَدْ أُوتِيَ خَيْرًا كَثِيرًا﴿ [البقرة: 269].

«Il donne la sagesse à qui Il veut. Et celui à qui la sagesse est donnée, vraiment, c’est un bien immense qui lui est donné [27]»

Ou bien encore:

«Par la sagesse et la bonne exhortation appelle (les gens) au sentier de ton Seigneur. Et discute avec eux de la meilleure façon [28]».

Et si nous avions voulu, nous aurions pu donner d’autres exemples pertinents sélectionnés de la guidée du messager (ج), l’enseignant du bien, le meilleur et le plus sage des prêcheurs.

* * *

Le fait que le prêcheur se dote de science authentique fondée sur le livre d’Allah et la Sunnah de Son messager (ج) est non seulement ce qui est prescrit dans les textes religieux, mais c’est également ce à quoi appellent les esprits raisonnables dépourvus d’ambigüités et de passions.

En effet, comment peux-tu appeler à Allah () sans connaître la voie qui mène à Lui ni Sa législation? Comment peux-tu être légitime pour prêcher?! Et lorsqu’une personne n’a pas de science, il doit logiquement commencer par se cultiver, puis viendra alors ensuite le tour de la prédication.

Il se peut qu’on nous interpelle en disant: «Est-ce que votre parole que voici est en contradiction avec la parole du prophète (ج): «Transmettez de moi ne serait-ce qu’un verset [29]?».

La réponse est non car le messager (ج) a dit: «Transmettez de moi» ce qui implique que ce tu transmets au sujet du messager d’Allah (ج) émane réellement de lui, et c’est précisément ce que nous recherchons. Ainsi, lorsque nous affirmons que le prêcheur a besoin de science, nous ne sommes pas en train d’affirmer qu’il doive atteindre un niveau très élevé dans celle-ci. En revanche, nous disons qu’il convient qu’il se restreigne dans son prêche à ce dont il a la maîtrise, et qu’il ne s’exprime pas sur ce dont il n’a aucune science.

* * *

[12] S. 16, v. 44. [13] S. 4, v. 113. [14] S. 47, v. 19. [15] Cette citation se réfère au hadith de cAbdullah Ibn cAmr Ibn Al-cÂs (ج) qui a dit: «J’ai entendu le messager d’Allah (ج) dire: «Allah ne fera pas disparaître la science en l’enlevant directement aux hommes, mais Il la fera disparaître en faisant disparaître les savants, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus un seul. Alors les hommes prendront pour chefs des ignorants qui, interrogés, répondront sans la moindre science, s’égarant ainsi eux-mêmes et égarant les autres». [Rapporté par Al-Bukhârî (2673)]. [16] Rapporté par Al-Bukhârî (3461). [17] S. 24, v. 63. [18] NdR: l’ignorance est de deux formes: ordinaire («basît») ou exacerbée («murakkab»). Sa forme ordinaire consiste par exemple à ne pas connaître une information car on n’y a jamais eu accès, ou bien on n’y a jamais prêté attention ou on n’en a jamais entendu parler. C’est le fait de savoir que l’on ne sait pas…Quant à sa forme exacerbée, elle consiste à par exemple à ne pas connaître une information tout en pensant que l’on le sujet connaît parce qu’on en a entendu parler et qu’on estime disposer d’un niveau d’information suffisant sur la question. C’est le fait de ne pas savoir que l’on ne sait pas. Et cette forme est la pire des ignorances, elle est celle qui pousse les personnes imbues d’elles-mêmes à ne pas apprendre, à ne pas changer, à ne pas rechercher la vérité, à blâmer autrui sous prétexte qu’il a un avis différent… [19] S. 12, v. 108. [20] Rapporté par Muslim. [21] NdR: par exemple, un acte qui n’est pas interdit en lui-même mais qui mène à un interdit sera alors jugé comme interdit, de même qu’un acte qui n’est pas obligatoire en soi-même sera jugé comme obligatoire si c’est le moyen par lequel on accomplit l’acte obligatoire. [22] NdR: «l’adhân» est l’appel à la prière et «le mu’adhhin» est la personne chargée de faire l’appel à la prière. [23] Rapporté par Al-Bukhârî (1395), et Muslim (19). [24] Rapporté par Al-Bukhârî (2680), et Muslim (1713). [25] S. 16, v. 125. [26] S. 25, v. 31. [27] S. 2, v. 269. [28] S. 16, v. 125. [29] Rapporté par Al-Bukhârî (3461).

Règle n°3: la compréhension

Le thème de la compréhension [de la religion] figure parmi les éléments importants à prendre en considération dans cet éveil islamique béni. On entend par là: comprendre ce que veut Allah () et ce que souhaite Son messager (ج). Il arrive souvent que certaines personnes soient dotées de connaissances mais ne reçoivent pas la compréhension. Il ne suffit pas de mémoriser machinalement le livre d’Allah et une partie de la Sunnah de Son messager (ج). Il est en fait obligatoire de comprendre ce qu’Allah et Son messager veulent de toi. Et combien est-il fréquent que des personnes fondent leur raisonnement sur des textes en les comprenant d’une manière qui va à l’encontre de ce qu’Allah et Son messager (ج) ont voulu, et que ceci les conduit à l’égarement.

Aussi, je souhaite attirer ici votre attention sur un fait important, qui est que l’erreur de compréhension peut s’avérer plus dangereuse que le manque de connaissance. En effet, l’ignorant qui tombe dans l’erreur à cause de son manque de science sait qu’il est ignorant et peut y remédier en apprenant, tandis que celui dont la compréhension est erronée considère qu’il connaît et reste persuadé que sa compréhension est fidèle à ce qu’Allah et Son messager (ج) exigent de lui.

Voici quelques exemples qui permettront de démontrer de manière plus évidente le rôle primordial de la compréhension:

- Premier exemple: Allah (ـ) a dit:

وَدَاوُودَ وَسُلَيْمَانَ إِذْ يَحْكُمَانِ فِي الْحَرْثِ إِذْ نَفَشَتْ فِيهِ غَنَمُ الْقَوْمِ وَكُنَّا لِحُكْمِهِمْ شَاهِدِينَ٧٨ فَفَهَّمْنَاهَا سُلَيْمَانَ وَكُلًّا آتَيْنَا حُكْمًا وَعِلْمًا وَسَخَّرْنَا مَعَ دَاوُودَ الْجِبَالَ يُسَبِّحْنَ وَالطَّيْرَ وَكُنَّا فَاعِلِينَ٧٩﴿ [الأنبياء: 78-79].

«Et Dâwûd, et Sulaymân, quand ils eurent à juger au sujet d’un champ cultivé où des moutons appartenant à une peuplade étaient allés paître, la nuit. Et Nous étions témoin de leur jugement. Nous la fîmes comprendre à Sulaymân. Et à chacun Nous donnâmes la faculté de juger et le savoir. Et Nous asservîmes les montagnes à exalter Notre gloire en compagnie de Dâwûd, ainsi que les oiseaux. Et c’est Nous qui sommes le Faiseur [30]».

Allah () a favorisé Sulaymân sur Dâwûd par le fait qu’Il lui a donné la faculté de mieux comprendre ce litige: «Nous la fîmes comprendre à Sulaymân». Ceci n’insinue en rien que Dâwûd ait un niveau de compréhension déficient puisqu’Il dit ensuite: «Et à chacun Nous donnâmes la faculté de juger et le savoir».

Méditez ce noble verset dans lequel Allah () a mentionné comment Sulaymân s’est distingué par sa faculté de compréhension. Dans ce verset, Allah a ensuite évoqué les qualités propres à Dâwûd (÷), en disant: «Et Nous asservîmes les montagnes à exalter Notre gloire en compagnie de Dâwûd». Ceci a permis de contrebalancer les bienfaits dont chacun a été comblé. Ainsi, Allah (ـ) a mentionné en premier lieu ce qu’ils avaient en commun en termes de pouvoir et de connaissance avant de préciser les traits distinctifs de l’un et l’autre. Et ceci nous montre bien l’importance de la compréhension et met l’accent sur le fait que [la quantité de] savoir ne fait pas tout.

- Le deuxième exemple: imaginons que nous soyons en été et que tu aies en ta possession deux récipients, le premier rempli d’eau tiède ou chaude et le second d’eau froide ou glacée. C’est alors que vient vers toi un homme désirant accomplir le lavage rituel suite à un état d’impureté majeur. Certains lui conseilleront qu’il lui est préférable d’utiliser l’eau froide, car ceci est plus contraignant et parce que le prophète (ج) a dit: «Ne vous indiquerais-je pas ce par quoi Allah efface les péchés et augmente les degrés?». Ils dirent: «Oui, ô messager d’Allah!». Il dit: «Parfaire les ablutions malgré la difficulté… [31]»». Ce hadith incite à parfaire ses ablutions lors des journées où il fait frais. Et donc, [selon eux] si tu parfais tes ablutions avec de l’eau froide au lieu d’eau tiède qui est plus adaptée au climat, ceci te sera préférable. Ils ont ainsi émis l’avis que l’utilisation de l’eau froide est la meilleure pour lui, en se basant sur le hadith précédemment mentionné.

Où se situe l’erreur selon vous: au niveau de la connaissance ou bien de la compréhension? Elle se situe manifestement au niveau de la compréhension! En fait, le messager (ج) a dit: «Parfaire les ablutions malgré la difficulté», et n’a pas dit: «Utiliser de l’eau froide pour faire les ablutions». Or, il existe une différence claire entre ces deux expressions. Et si cette dernière formulation était celle qui avait été employée dans le hadith, nous aurions affirmé qu’il faille effectivement utiliser de l’eau fraîche. Mais il a simplement dit: «Parfaire les ablutions malgré la difficulté», ce qui signifie que la fraîcheur de l’eau ne doit pas empêcher de faire les ablutions de manière complète.

Par ailleurs, est-ce qu’Allah veut la facilité ou la difficulté pour Ses serviteurs? La réponse se trouve dans la parole d’Allah (ـ):

يُرِيدُ اللَّهُ بِكُمُ الْيُسْرَ وَلَا يُرِيدُ بِكُمُ الْعُسْرَ﴿ [البقرة: 185].

«Allah veut pour vous la facilité, Il ne veut pas la difficulté pour vous [32]»

Ainsi que dans celle du prophète (ج): «Certes, la religion est facilité [33]».

Aussi, je répète aux jeunes de ce mouvement que la place de la compréhension est primordiale, et qu’il nous incombe de comprendre ce qu’Allah exige de Ses serviteurs. A-t-Il voulu que l’accomplissement des actes d’adoration soit une corvée pour eux ou a-t-Il voulu pour eux la facilité? Il n’y a pas de doute qu’Allah () veut pour nous la facilité et non pas la difficulté.

* * *

[30] S. 21, v. 78-79. [31] Rapporté par Muslim (251). [32] S. 2, v. 185. [33] Rapporté par Al-Bukhârî (39).

Règle n°4: La sagesse

La sagesse compte parmi les éléments extrêmement cruciaux dans la prédication. Je m’adresse en particulier aux jeunes de cet éveil islamique. Et comme est amer le goût de la sagesse pour ceux qui n’en ont pas.

Lorsque l’on invite à Allah, cela se fait en quatre étapes:

- Premièrement: par la sagesse.

- Deuxièmement: par la bonne exhortation.

- Troisièmement: en discutant de la meilleure façon avec celui qui n’est pas injuste.

- Quatrièmement: par une action répressive envers celui qui se montre injuste.

La preuve de cette procédure se trouve dans la parole d’Allah (ـ):

ادْعُ إِلَى سَبِيلِ رَبِّكَ بِالْحِكْمَةِ وَالْمَوْعِظَةِ الْحَسَنَةِ وَجَادِلْهُمْ بِالَّتِي هِيَ أَحْسَنُ﴿ [النحل: 125].

«Par la sagesse et la bonne exhortation appelle (les gens) au sentier de ton Seigneur. Et discute avec eux de la meilleure façon [34]».

Et dans Sa (ـ) parole:

وَلَا تُجَادِلُوا أَهْ?

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